Grèce : Saisie « historique » de plus d’un million de flacons LVMH contrefaits

PARFUM Car sans contrefaçon, je suis un flacon

J.-L.D. avec AFP

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LVMH, illustration
LVMH, illustration — MARTIN BUREAU AFP

Le géant du luxe LVMH a annoncé ce lundi une saisie « historique » de plus d’un million de flacons de parfums contrefaits en Grèce, destinés au marché local, alors que le groupe a consacré l’an dernier 43 millions d’euros afin d’être mis au parfum (il fallait la faire, on ne regrette rien) d’éventuelles contrefaçons.

« C’est une saisie historique : d’habitude nous avons plutôt des entrepôts et des lieux de stockage, et ce qui est inédit ici, c’est que nous avons aussi le centre de production », a indiqué Laurent Marcadier, directeur de la protection des actifs et des personnes du groupe.

Sept personnes interpellées

Il décrit « un véritable lieu de fabrication, une usine de faux parfums avec des ouvriers, des machines, des bouteilles vides, des pompes, du "packaging", des étiquettes, tout pour monter un flacon de parfum ». Une « grande partie » des 1,179 million de flacons saisis lors de l’opération étaient des contrefaçons des principales marques de parfum du groupe LVMH, dont Guerlain, Dior ou Kenzo.

Selon un communiqué des autorités grecques, publié dimanche, les perquisitions ont été menées à Heraklion en Crète, et sept personnes ont été interpellées, « des membres d’une organisation criminelle spécialisée dans la fabrication illégale et la vente de produits contrefaits dans des boutiques pour touristes dans l’ensemble du pays ».

Le million, le million

Laurent Marcadier indique que « les enquêteurs, d’une direction grecque spécialisée dans le crime organisé ont perquisitionné plusieurs endroits : les lieux de fabrication et de stockage, ainsi que le domicile du donneur d’ordre, et ont ainsi mis la main à cette occasion sur 500.000 autres articles contrefaits, notamment des sacs et des lunettes de soleil, qu’ils n’ont pas fabriqués mais importés ».

« Au moment de l’interpellation, un million de flacons étaient prêts à être commercialisés. C’est une première. On a déjà eu des saisies volumineuses en horlogerie, mais dépasser le million en Europe, c’est très rare », précise le responsable, qui indique également que 600.000 euros en liquide ont été saisis.

Qu’importe la contrefaçon, pourvu qu’on ait l’ivresse

LVMH a mis en place une coopération douanière avec différents pays dans le monde, notamment ceux touchés par la production, l’importation ou la vente de produits contrefaits.

En 2019, la lutte contre la contrefaçon a coûté 43 millions d’euros au groupe de Bernard Arnault, en dépenses internes et externes, un fléau qui « peut entraîner un effet défavorable immédiat sur le chiffre d’affaires et le résultat, et progressivement nuire à l’image de marque des produits concernés et à la confiance des consommateurs », selon le document de référence de LVMH.

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