Royaume-Uni : Le suspect de l’attaque de Reading avait été repéré par les renseignements

TERRORISME Un homme a tué trois personnes lors d'une attaque au couteau samedi soir à Reading

20 Minutes avec AFP

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Des fleurs pour rendre hommage aux victimes de l'attaque terroriste qui a eu lieu dimanche à Reading, au Royaume-Uni.
Des fleurs pour rendre hommage aux victimes de l'attaque terroriste qui a eu lieu dimanche à Reading, au Royaume-Uni. — James Veysey/REX/SIPA

L'attaque au couteau a eu lieu samedi soir dans un parc de Reading, au Royaume-Uni. Alors que les hommages aux trois victimes affluent, le pays cherche à sonder le passé du suspect. Selon la presse britannique, il s’était déjà trouvé dans le collimateur des services de renseignement.

Une minute de silence devait être observée à 10 heures dans cette ville de 200.000 habitants située à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Londres, où s’est également rendue la ministre de l’Intérieur, Priti Patel. Devant les grilles du parc où s’est déroulé le drame, des fleurs ont été déposées pour rendre hommage aux victimes.

Libéré de prison en juin

A leur Une, presque tous les quotidiens britanniques soulignent ce lundi que le suspect, un réfugié libyen de 25 ans, avait été dans le radar du renseignement intérieur (MI5) en 2019 en raison de velléités de rejoindre un groupe djihadiste à l’étranger, mais qu’aucun risque imminent n’avait été mis en évidence.

Selon The Telegraph, le jeune homme a été libéré de prison en juin après une condamnation pour des délits mineurs, sans lien avec le terrorisme. Il souffrirait également d’importants problèmes de santé mentale. Le suspect, qui a été arrêté « cinq minutes » après le premier appel aux forces de l’ordre, a agi seul pour mener cette attaque considérée comme « terroriste », selon la police, qui ne recherche personne d’autre.

Un plan annoncé par Johnson

Son profil pose question dans le pays, après deux attaques menées ces derniers mois à Londres par des assaillants qui avaient déjà été condamnés pour des délits terroristes. Le gouvernement conservateur de Boris Johnson avait pourtant annoncé un projet de loi en vue d’aggraver les peines pour les auteurs d’actes terroristes, interdisant leur libération anticipée.

« Je peux assurer que si des leçons doivent être tirées, si des politiques doivent être changées, si nous devons faire les choses différemment, c’est absolument ce que nous ferons », a déclaré ce lundi sur la BBC le secrétaire d’Etat chargé de la Sécurité, James Brokenshire. Il a précisé que le niveau de la menace terroriste demeurait classé « important », soit le troisième degré sur une échelle de cinq.

Des profils surveillés qui peuvent basculer

Mark Rowley, l’ancien chef de l’antiterrorisme de la police londonienne, a indiqué sur la BBC que si « environ 3.000 personnes font l’objet d’une enquête à un certain moment » pour la menace terroriste qu’elles représentent, « il y a 40.000 personnes (…) dont le nom a touché le système ». « Et dans ces 40.000, (…) repérer celle qui va basculer d’un simple intérêt (pour une idéologie extrémiste) vers un assaillant déterminé, c’est le problème le plus difficile auquel les services (de sécurité) sont confrontés », a-t-il ajouté.

Le secrétaire d’Etat James Brokenshire s’est voulu rassurant, appelant à rester « vigilant » mais à ne pas « s’inquiéter ». « Les gens doivent rester vigilants (…) mais nous devons poursuivre nos vies, nous devons veiller à ce que ceux qui cherchent à nous intimider, ceux qui cherchent à utiliser la terreur pour tenter de changer notre mode de vie ne réussiront pas ». Il a précisé qu’au cours des trois dernières années, les services de sécurité avaient déjoué 25 attaques terroristes, soulignant que la menace s’étendait sur un large spectre allant de l’extrême droite au djihadisme.