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Entre les Grecs et leur Etat, rien ne va plus

« Flics, cochons, assassins », ont scandé hier des jeunes lors de l'enterrement d'Alexis Grigoroupoulos, tué samedi soir à Athènes par un policier. Un peu plus tard, dans les rues de la capitale, les affrontements entre étudiants, lycéens et policier...

« Flics, cochons, assassins », ont scandé hier des jeunes lors de l'enterrement d'Alexis Grigoroupoulos, tué samedi soir à Athènes par un policier. Un peu plus tard, dans les rues de la capitale, les affrontements entre étudiants, lycéens et policiers reprenaient, après déjà trois jours de violences antipolicières qui ont embrasé les principales villes du pays. D'autres manifestations étaient attendues dans la soirée.

Dans tout le pays, les collèges et lycées sont restés fermés hier en signe de deuil. Une décision du gouvernement de Costas Caramanlis, pourtant mis en cause par une crise devenue très politique. Déstabilisé par des scandales et les retombées de la crise économique, l'Etat grec est aussi mis en accusation par sa population exaspérée par les excès des forces de l'ordre. Il n'est pas rare en effet que manifestations et grèves soient le théâtre de brutalités policières. Et, récemment, des incidents graves commis dans les centres de rétention de clandestins, notamment à Patras ou à Chios, ont amené le commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe à venir sur place juger de la situation.

Le Premier ministre conservateur a eu beau lancer, hier matin, un appel à l'unité de la nation et du monde politique contre les fauteurs de troubles, le chef de l'opposition socialiste, Georges Papandréou, qu'il a ensuite rencontré, a décliné la main tendue et réclamé la démission de son gouvernement, réélu en septembre 2007, ainsi que la tenue de nouvelles élections.

D'après Thalia Magioglou, docteur en psychologie sociale et sciences politiques, « le problème en Grèce est qu'il n'y a pas d'idéologie dominante capable de canaliser cette angoisse des jeunes et d'envisager une meilleure organisation pour l'avenir ». Un constat pessimiste. Hier, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a exprimé son « inquiétude » au sujet des violences urbaines qui secouent la Grèce.