Libye : La France dénonce un « acte extrêmement agressif » de la Turquie en Méditerranée

TENSIONS Un navire français d’une mission de l’Otan en Méditerranée a récemment fait l’objet d’un « acte extrêmement agressif » de la part d’une frégate turque, selon Paris

20 Minutes avec AFP

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La frégate "Courbet" de la marine française le 11 mai 2017 lors d'un exercice militaire près de l'île américaine de Guam.
La frégate "Courbet" de la marine française le 11 mai 2017 lors d'un exercice militaire près de l'île américaine de Guam. — Haven Daley / AP / Sipa

La France compte dénoncer ce comportement « très grave » lors d’une réunion de l’Otan ce mercredi. Un navire français participant à une mission de l’Alliance atlantique en Méditerranée a récemment fait l’objet d’« un acte extrêmement agressif » de la part de frégates turques, selon le ministère des Armées.

Alors que la frégate française cherchait à identifier un cargo suspecté de transporter des armes vers la Libye, « les frégates turques interviennent et illuminent le Courbet à trois reprises avec leur radar de conduite de tir », a décrit le ministère juste avant une vidéoconférence des ministres de la Défense de l’Otan.

Une « mise au point » de Florence Parly attendue

« Cette affaire est à nos yeux très grave, a repris Paris. On ne peut pas accepter qu’un allié se comporte comme cela, fasse cela contre un navire de l’Otan sous commandement Otan menant une mission Otan. » Selon la même source, la ministre des Armées, Florence Parly, doit « mettre les points sur les i » lors de cette réunion sur « l’attitude turque dans le conflit libyen ».

« Ces norias de bateaux entre la Turquie et Misrata, parfois accompagnés par des frégates turques, ne contribuent pas à la désescalade », a souligné le ministère, dénonçant par ailleurs le fait que les bâtiments turcs « utilisent des indicatifs Otan » pour s’identifier lors de ses missions d’escorte.

Des désaccords croissants

Le ton ne cesse de monter entre Paris et Ankara ces derniers jours. Lundi, le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a condamné « le soutien militaire croissant » de la Turquie au Gouvernement d’union libyen (GNA) en « violation directe de l’embargo des Nations unies ». La veille, la présidence française avait déjà dénoncé l’interventionnisme « inacceptable » d’Ankara.

La Turquie a rejeté ces critiques sur son soutien armé au gouvernement de Tripoli en Libye, accusant à son tour Paris de faire « obstacle à la paix » en appuyant le camp adverse.

Un soutien à des camps différents ?

En Libye, Ankara soutient en effet militairement le GNA de Fayez Al-Sarraj, reconnu par les Nations unies, face aux forces dissidentes du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est soutenu notamment par la Russie, l’Egypte et les Emirats arabes unis. La France, bien qu’elle s’en défende publiquement, est également accusée de soutenir Haftar, qui a récemment subi de lourdes défaites sur le terrain.

Depuis avril 2019, le conflit en Libye a fait des centaines de morts, dont de nombreux civils, et poussé plus de 200.000 personnes à fuir leur domicile.