Retour sur la disparition d'Ophélie, étudiante Erasmus à Budapest

HONGRIE La jeune fille, 22 ans, a quitté la soirée universitaire à 3 heures du matin, jeudi dernier. Elle n'est jamais rentrée dans sa famille d'accueil...

Mathieu Grégoire

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Ophélie Bretnacher, 22 ans, a disparu à Budapest en Hongrie depuis le jeudi 4 décembre.
Ophélie Bretnacher, 22 ans, a disparu à Budapest en Hongrie depuis le jeudi 4 décembre. — IDE

Elle s’appelle Ophélie Bretnacher. Elle est étudiante à l’Ecole supérieure de commerce de Reims et achevait un master en finances à la faculté Cornivus de Budapest en Hongrie, dans le cadre d’un programme Erasmus. Elle s’apprêtait à passer, cette semaine, les examens de fin d’année pour valider ce master.

Mercredi soir, elle s’amusait avec une centaine d’autres étudiants Erasmus au Portside de Cuba, un établissement de nuit dans le centre-ville de Pest. «C’était notre soirée de Noël, explique à 20minutes.fr Guillaume Cantelou, un étudiant de 22 ans de l’école de Management de Bordeaux, qui la connaît depuis le mois de septembre. Une soirée classique, il y avait de l’alcool, on dansait. J’ai pas mal parlé avec Ophélie ce soir-là, avant de la perdre de vue.»

Ophélie, qui était un peu plus éméchée qu’à l’accoutumée selon ses amis, a décidé de rentrer chez elle peu avant 3h du matin. «Elle m’avait dit pendant la soirée qu’elle se sentait un peu ‘‘pompette’’, explique Guillaume. Elle titubait un peu. Mais rien de dramatique.»

«Elle aimait rentrer à pied»

Ophélie a décidé de rentrer seule alors que la famille de médecins qui la loge habite à quarante-cinq minutes à pied, dans le centre de Buda. «Elle avait l’habitude. Elle vivait comme jeune fille au pair à Buda, alors que nombre d’étudiants vivent en colocation à Pest, explique Guillaume. Elle prenait parfois le bus de nuit, mais elle aimait aussi rentrer à pied.» Surtout qu’à Buda, «on ne se fait pas accoster la nuit, il n’y a pas de sentiment d’insécurité», ajoute Guillaume.

C’est la dernière fois qu’Ophélie a été vue vivante. Le jeudi, la jeune femme n’avait pas de cours à la faculté. Mais elle devait préparer dans l’après-midi l’anniversaire d’un des petits dont elle s’occupait. La famille s’inquiète, Ophélie n’a pas récupéré leurs enfants à l’école, ce qu’elle faisait d’habitude avec ponctualité. Ils appellent alors les parents d’Ophélie, expatriés à Vienne en Autriche.

Pendant ce temps-là, une troublante affaire émerge. Un étudiant italien contacte la meilleure amie d’Ophélie à Budapest, lui annonçant qu’il a trouvé le sac à main de l’étudiante contenant ses papiers d’identité et son téléphone mobile sur le pilier du pont des Chaînes, l’un des deux grands axes franchissant le Danube à Budapest. A 3h30 du matin, le jeudi. Soit moins d’une demi-heure après le départ présumé d’Ophélie du bar dansant.

«Pas le chemin le plus logique pour rentrer chez elle»

«Le lieu où a été trouvé le sac est étrange, souligne Guillaume. D’abord, ce n’est pas le chemin le plus logique pour rentrer chez elle. Il y a un autre pont qui permet d’arriver directement à Buda. Là, elle a fait un détour. Ensuite, le sac a été trouvé une demi-heure après son départ du club. Elle aurait eu du mal à couvrir cette distance à pied en si peu de temps.»

Comme Guillaume, le père d’Ophélie penche pour un «enlèvement crapuleux» après la découverte du sac. «C’est comme si son sac avait été laissé là intentionnellement. Elle n’empruntait pas ce chemin habituellement pour rentrer chez elle», explique-t-il au «Parisien», il «refuse de croire à un suicide».

Aucun indice

Reste que «passer par le pont des Chaînes, ce n’est pas complètement incongru non plus pour rejoindre Buda», nous explique Anna, une étudiante hongroise.

La disparition d’Ophélie a été signalée le jeudi 4 décembre, mais les policiers hongrois n’ont recueilli aucun indice probant. Ils ont fait la tournée des hôpitaux pour savoir si elle n’avait pas été admise comme inconnue. L’ambassade de France à Budapest, laconique, se dit «entièrement mobilisée» sur cette affaire, et une cellule de crise a été ouverte au Quai d’Orsay.

A Budapest, Guillaume et d’autres copains d’Ophélie distribuent des tracts avec la photo de la jeune femme et les circonstances de sa disparition, rédigées en anglais et en hongrois. Deux groupes de soutien se sont créés sur Facebook. Arrivés dans la capitale hongroise pour participer aux recherches, Sylvie et Francis Bretnacher attendent avec anxiété le retour de leur fille enjouée et studieuse.

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Le 13 novembre 2007, Romain Lannuzel, 21 ans, étudiant à l’UBO de Brest et originaire de Lampaul-Guimiliau (Finistère), avait disparu sans laisser la moindre trace à Barcelone, où il effectuait son séjour Erasmus. L'enquête est aujourd'hui au point mort.