Tensions entre l'Inde et la Chine: Vingt soldats indiens tués, l'ONU appelle à la retenue

GEOPOLITIQUE Un accrochage a eu lieu à la frontière contestée entre les deux pays dans la nuit de lundi à mardi, après plusieurs semaines d'escalade

20 Minutes avec AFP
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Des manifestants indiens brûlent une photo à l'effigie du président chinois Xi Jinping, le 16 juin 2020, après un accrochage entre la Chine et l'Inde.
Des manifestants indiens brûlent une photo à l'effigie du président chinois Xi Jinping, le 16 juin 2020, après un accrochage entre la Chine et l'Inde. — Ajit Solanki/AP/SIPA

C’est le premier affrontement meurtrier entre la Chine et l’Inde en 45 ans. Vingt soldats indiens ont péri dans une confrontation avec l’armée chinoise dans la nuit de lundi à mardi. L’accroche a eu lieu au niveau de la frontière disputée au Ladakh, la partie orientale et majoritairement bouddhiste de l’ancien Cachemire indien, au nord-est du pays. Mardi soir, l’ONU a appelé à la « retenue » alors que Washington a dit espérer une « solution pacifique » entre les deux puissances.

L’armée indienne a d’abord annoncé mardi la mort d’un officier et de deux soldats, évoquant des morts « des deux côtés ». En soirée, elle a fait état de 17 autres « grièvement blessés au champ d’honneur » qui avaient « succombé à leurs blessures ». La Chine a, elle, évoqué des « morts et blessés », sans toutefois préciser dans quel camp, et accusé l’Inde d’être responsable de l’incident.

Le Ladakh, au nord-est de l'Inde, est une frontière contestée avec la Chine.
Le Ladakh, au nord-est de l'Inde, est une frontière contestée avec la Chine. - Vincent LEFAI, STAFF / AFP

Des troupes des deux puissances sont engagées depuis début mai dans plusieurs face-à-face tendus le long de leur frontière commune, principalement dans la région en haute altitude du Ladakh. Une crise que les deux parties affirment vouloir « résoudre pacifiquement » par la voie diplomatique. « Durant le processus de désescalade en cours dans la vallée de Galwan, une confrontation violente s’est produite la nuit dernière et a fait des victimes des deux côtés », avait déclaré un porte-parole de l’armée indienne.

Des discussions entre gradés en cours

Pour sa part, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijia, a déclaré à la presse que « des troupes indiennes ont gravement violé le 15 juin le consensus bilatéral et franchi la frontière à deux reprises, avant de se livrer à des activités illégales et de provoquer et d’attaquer des soldats chinois, avec pour résultat une grave confrontation physique ».

Des hauts gradés des deux bords s’entretiennent actuellement sur place pour désamorcer la situation, selon le communiqué de l’armée indienne. Suite à des pourparlers entre des généraux des deux armées il y a une dizaine de jours, un processus de désengagement militaire avait été convenu dans certaines des zones disputées au Ladakh. « La Chine et l’Inde sont d’accord pour continuer à résoudre les problèmes bilatéraux par le dialogue et la consultation », a affirmé pour sa part le porte-parole chinois. « Nous appelons une nouvelle fois l’Inde (…) à maîtriser ses troupes frontalières », a-t-il ajouté. « Ne franchissez pas la frontière, ne provoquez pas de troubles », a lancé Zhao Lijia.

Tensions vives depuis début mai

Début mai, des affrontements à coups de poing, pierres et bâtons avaient notamment opposé des militaires des deux pays dans la région du Sikkim (est de l’Inde). Les heurts avaient fait plusieurs blessés. Les troupes chinoises avaient aussi avancé dans des zones considérées par l’Inde comme situées sur son territoire au Ladakh, poussant New Delhi à dépêcher des renforts dans la région.

L’Inde et la Chine ont plusieurs litiges territoriaux de longue date, dans les secteurs du Ladakh et de l’Arunachal Pradesh (est). Le dernier conflit ouvert entre les deux nations les plus peuplées de la planète remonte à la guerre-éclair de 1962 dans l’Himalaya, qui avait vu les troupes indiennes rapidement défaites par l’armée chinoise.