Coronavirus : Comment le Portugal, l'Italie ou la Chine gèrent-ils les nouveaux foyers de contamination ?

PANDEMIE Alors que la France a rouvert ses frontières ce lundi, le Portugal ou l’Italie s’inquiètent d’une résurgence de l’épidémie de Covid-19. En Chine, la situation « s’aggrave » à nouveau

M.P. avec AFP
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En Italie, mi-juin, les autorités continuent de surveiller de près l'apparition de nouveaux foyers de Covid-19.
En Italie, mi-juin, les autorités continuent de surveiller de près l'apparition de nouveaux foyers de Covid-19. — CHINE NOUVELLE/SIPA
  • La pandémie de Covid-19 a fait au moins 434.214 morts dans le monde depuis que la Chine a fait officiellement état de l’apparition de la maladie en décembre. Après avoir pratiquement endigué le virus en mars, le pays connaît une résurgence de contaminations.
  • Idem en Italie où Rome comptabilise plus de 120 cas issus de deux « clusters ». Au Portugal, Lisbonne a instauré un mini-confinement. La Chine ou l’Inde mettent également en place de nouvelles restrictions afin de tenter d’éviter une nouvelle éventuelle flambée de Covid-19.
  • Alors que la France rouvre ses frontières ce lundi, doit-on s’inquiéter d’une résurgence de l’épidémie ?

Après des mois d’isolement à l’intérieur de leurs frontières, les Européens ont retrouvé ce lundi la possibilité de voyager chez leurs voisins en raison du recul de l'épidémie de  Covid-19. Le nouveau coronavirus a pourtant refait surface en Chine, à Pékin. Alors que ce regain épidémique suscite la crainte d’une « deuxième vague », 20 Minutes fait le point sur les nouveaux « clusters » qui essaiment en Asie et en Europe et sur les procédures mises en place pour tenter de casser rapidement la chaîne de contamination.

Où sont apparus les nouveaux foyers de contamination au Covid-19 ?

Reculant en Europe, le nouveau coronavirus ressurgit à Pékin (Chine) où la situation épidémique est jugée « extrêmement grave » par les autorités. Plus d’une centaine de personnes ont été contaminées depuis la semaine dernière dans cette ville de plus de 20 millions d’habitants.

L’Inde sort, elle, de plus de deux mois d’un confinement draconien mais le bilan humain continue de s’y alourdir. Les autorités sanitaires redoutent une aggravation de la crise sanitaire avec la grande mousson, qui s’abat sur la nation de 1,3 milliard d’habitants de juin à septembre. A Delhi, le gouvernement local s’attend ainsi à plus d’un demi-million de patients du Covid-19 d’ici à fin juillet, soit une multiplication par près de 20 en moins de deux mois.

Estimant avoir maîtrisé la progression du Covid-19, l’Italie (plus de 34.000 décès), a rouvert ses frontières dès le 3 juin, mais deux nouveaux foyers de contamination (120 cas de Covid-19) ont été détectés la semaine dernière à Rome. En Allemagne, déconfinée fin avril, des « clusters » sont apparus du nord au sud du pays fin mai. Le nombre de cas confirmés de contamination est passé, ce lundi, à 186.461, soit 192 de plus que la veille, selon les données fournies par l’Institut Robert-Koch.

Enfin, au Portugal, relativement épargné par l’épidémie de Covid-19, le bilan s’élève à 382 nouvelles contaminations, la grande majorité a été signalée dans des usines, des entrepôts, des entreprises de construction dans la région de Lisbonne. Même situation en Nouvelle-Zélande. Alors que le pays n’était plus à risque depuis plus de 24 jours, il a fait état, ce mardi, de deux nouveaux cas arrivés du Royaume-Uni. Ils ont été placés en quarantaine.

Comment ces pays luttent-ils contre la résurgence de « clusters » ?

Pékin est engagé dans « une course contre la montre » contre le virus, a déclaré, ce mardi, le porte-parole de la mairie, Xu Hejian. La ville de 21 millions d’habitants a porté sa capacité quotidienne de dépistage à plus de 90.000 personnes par jour et cinq marchés alimentaires géants ont déjà été fermés. Vingt-et-un quartiers résidentiels situés à proximité de ces marchés ont également été placés en quarantaine. Des écoles ont été fermées, tout comme des sites sportifs et culturels qui venaient de rouvrir leurs portes.

En Allemagne, des étudiants en médecine de Cologne, recrutés par l’autorité sanitaire, jouent, eux, les chasseurs de virus. Ils questionnent sans relâche les nouveaux malades avérés ou suspectés du Covid-19 dans le but de stopper la chaîne d’infection. De son côté, le gouvernement a augmenté la fréquence des tests, avec une capacité de 160.000 par jour (50.000 en France). Le ministère de la Santé a également recruté 500 « moniteurs de confinement » envoyés sur les points chauds du pays. « Nous sommes préparés pour la deuxième vague qui arrivera à l’automne », a affirmé, ce lundi, Johannes Niessen, directeur de l’office de santé.

A Cologne, des étudiants en médecine questionnent les nouveaux malades du coronavirus dans le but de stopper la chaîne d'infection.
A Cologne, des étudiants en médecine questionnent les nouveaux malades du coronavirus dans le but de stopper la chaîne d'infection. - Ina FASSBENDER / AFP

En France et en Italie, les autorités sanitaires surveillent les nouveaux foyers​. Des campagnes de dépistage sont lancées de façon « inopinées » dans les établissements de santé, les foyers d’accueil de personnes vulnérables et les entreprises sans que des cas de Covid-19 n’aient été signalés, indique l'Agence régionanle de santé de Nouvelle-Aquitaine (ARS). A Rome, l’hôpital San Raffaele Pisana et l’immeuble où sont apparus les « clusters » ont été mis en quarantaine dès vendredi, selon l’AFP.

Au Portugal, depuis le 10 juin, la municipalité de Lisbonne a imposé des restrictions de sorties, selon nos confrères de RFI. Ce « mini-reconfinement » impose aux bars et aux restaurants une fermeture avancée, tandis qu’environ 1.000 agents des forces de l’ordre sont chargés de faire respecter la prohibition. Alors que le Portugal enregistre en moyenne 300 nouveaux cas de Covid-19 par jour selon l’AFP, la phase 3 du déconfinement a été décalée pour Lisbonne.

En Inde, le déconfinement se poursuit alors que plus de 11.000 nouveaux cas sont confirmés par jour. L’Etat du Tamil Nadu (sud du pays) vient d’ordonner le reconfinement de l’agglomération de Chennai à partir du 19 juin. Les déplacements des habitants seront limités à un rayon de deux kilomètres.

Ces nouveaux foyers de contamination peuvent-ils se multiplier en France ?

La France a entamé la phase 3 de son déconfinement et la Direction générale de la santé (DGS) a identifié 233 « clusters » (98 ne sont plus actifs), selon un dernier bilan datant du 15 juin. Ces nouveaux clusters vont-ils nous mener vers une « deuxième vague » ? Pas forcément. La détection de ces nouveaux foyers de contamination serait le signe d’une présence plus faible du virus sur le territoire, ce qui le rendrait plus facile à « chasser ». Les autorités sanitaires misent ainsi sur la détection précoce des foyers de contamination.

« Il faut identifier, dépister et isoler le plus rapidement possible tous les nouveaux cas. C’est la meilleure arme contre une deuxième vague et un reconfinement », expliquait récemment à 20 Minutes le Dr Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France (FMF). Cette précocité a d’ailleurs protégé la Bretagne ou la Nouvelle-Aquitaine, moins touchées par l’épidémie de Covid-19. Le contrôle rapide des clusters sera utile en cas de reprise de l’épidémie dans l’Hexagone, surtout, dit-il, « si on utilise largement les tests, on ne ratera pas des épidémies qui démarrent ».