Etats-Unis : Ancien trader, il reçoit 50 millions de dollars pour avoir dénoncé son employeur

FRAUDE Depuis 2012, l’organisme américain de contrôle des activités financières a versé des récompenses à 83 lanceurs d’alerte pour un montant total de plus de 500 millions de dollars

20 Minutes avec agence

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Des billets de 100 dollars (illustration).
Des billets de 100 dollars (illustration). — LM Otero/AP/SIPA

La Commission des Titres et des Echanges des Etats-Unis (SEC) a annoncé ce jeudi dans un communiqué avoir versé près de 50 millions de dollars (environ 44 millions d’euros) à un trader leur ayant révélé une malversation financière. Il s’agit de la plus forte récompense jamais accordée par l’agence à un lanceur d’alerte. L’homme qui travaillait pour la Bank of New York Mellon (BKPRC) a collaboré pendant plus de dix ans avec la SEC sur ce dossier, rapporte le Wall Street Journal relayé par CNN.

Le banquier serait Frant Wilson, mais son nom n’a pas officiellement été révélé par les autorités. Il est à l’origine de la divulgation d’une d’arnaque aux taux de change mise en place par son ancien employeur. La BKPRC avait en effet réalisé d’importants profits en proposant à des clients et à des fonds de pension des taux moins avantageux que ceux en vigueur et en empochant la différence. En 2015, l’établissement bancaire a réglé une amende de 700 millions de dollars (environ 622 millions d’euros) pour des faits qu’elle n’a pas contestés.

Une « étape marquante »

« Les lanceurs d’alerte ont prouvé qu’ils sont des outils d’une grande importance dans notre arsenal d’armes pour lutter contre la fraude et protéger les investisseurs », a estimé Jane Norberg, à la tête du bureau des lanceurs d’alerte de la SEC. La commission qualifie ce dernier versement en date d'« étape marquante dans le programme des lanceurs d’alerte ».

L’organisme a précisé avoir financé la récompense sans utiliser aucun des capitaux destinés aux investisseurs floués. Depuis 2012, la SEC dit avoir rémunéré 83 personnes pour leurs renseignements, pour un montant total dépassant les 500 millions de dollars, soit environ 444 millions d’euros.