Le chômage des jeunes attise leur colère

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Qui sont les jeunes Grecs qui manifestent ? Si un certain nombre, 2 000 à 3 000 personnes selon la presse, seraient des anarchistes, nombreux, parmi ceux qui défilent, sont des enfants des classes moyennes. Ainsi, Andreas Grigoropoulos, l'adolescent tué samedi soir, était le fils d'un banquier d'Athènes, scolarisé dans un établissement privé.

Les manifestations ont commencé la semaine dernière. Motif de la mobilisation étudiante ? La reconnaissance de leurs diplômes dans un contexte de fort chômage chez les jeunes. Une inquiétude qui traverse une grande partie de l'Europe occidentale, où, fréquemment, la peur du déclassement mobilise une partie des lycéens et des étudiants. Ce fut le cas en France au printemps 2006, lors des manifestations anti-CPE. C'est particulièrement vrai dans les pays d'Europe du Sud, comme en Espagne ou en Italie, où les Etats se sont appuyés sur une grande solidarité intergénérationnelle pour délaisser les jeunes diplômés dont les salaires sont si bas qu'ils sont obligés de continuer à vivre chez leurs parents jusqu'à 30 voire 35 ans.

En Grèce, la violence des manifestations s'expliquerait, selon l'avocat Dimitris Beladis, par la rencontre entre un fort activisme anarchiste et « une sorte d'explosion sociale due à l'insécurité économique affectant beaucoup de jeunes ». Autre motif de surenchère : la violence dont les forces de police sont coutumières. Les tensions sociales de ce week-end trouvent aussi leur origine dans la disqualification des élites politiques, depuis les incendies meurtriers de l'été 2007, qui avaient fait plus de 70 morts et révélé l'incurie de l'Etat.

A. Le G.