Coronavirus: La pandémie s’accélère en Afrique

INQUIETUDES Le seuil des 200.000 contaminations a été franchi mardi sur le continent, soit un doublement en seulement 18 jours

20 Minutes avec AFP

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Un test de température à l’aéroport de Lagos au Nigeria le 4 mars 2020.
Un test de température à l’aéroport de Lagos au Nigeria le 4 mars 2020. — Sunday Alamba/AP/SIPA

Apres la Chine, l’Europe, les Etats-Unis et l’Amérique latine, cela va-t-il être au tour de l’Afrique de faire la Une de l’actualité sur la crise sanitaire ? La vitesse à laquelle le nombre de cas confirmés de Covid-19 a doublé montre l’accélération de la propagation du nouveau coronavirus sur le continent, a ainsi averti jeudi l’Organisation mondiale de Santé (OMS).

Pour le moment 5.635 décès sur le continent

Selon un décompte fait sur la base de sources officielles, la barre des 200.000 contaminations par le coronavirus en Afrique a été franchie mardi. « Il a fallu 98 jours pour atteindre la barre des 100.000 cas et 18 seulement pour franchir celle des 200.000 », a souligné le docteur Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « Même si ces cas enregistrés en Afrique représentent moins de 3 % du total mondial, il est clair que la pandémie s’accélère » sur le continent, a-t-elle précisé. L’Afrique comptait jeudi 210.519 cas dont 5.635 décès.

Pour l’instant, sur le continent africain, « la pandémie reste concentrée dans et autour des capitales, mais nous voyons de plus en plus de cas en province », a poursuivi Matshidiso Moeti qui estime que le virus est entré dans la plupart des pays du continent par les capitales, via les vols internationaux. En outre, « dix des 54 pays d’Afrique » recensent 80 % des cas, et l’Afrique du Sud à elle seule 25 % d’entre eux. Surtout, plus de 70 % des décès sont enregistrés dans seulement cinq pays : Afrique du Sud, Algérie, Nigeria, Egypte et Soudan.

L’atout d’une population jeune

S’il est possible que certains cas asymptomatiques ou légers passent sous les radars, l’OMS Afrique ne pense pas qu’un nombre important de cas graves ou de décès ne soient pas comptabilisés. La relative jeunesse de la population comparée à celles d’autres continents, et l’expérience acquise dans la gestion d’autres épidémies ont été citées parmi les raisons expliquant le faible taux de décès.

« Avant que nous ayons accès à un vaccin efficace, je crains que nous devions vivre avec une hausse constante dans la région, avec des foyers à gérer dans de nombreux pays, comme c’est le cas actuellement en Afrique du Sud, en Algérie, et au Cameroun, qui nécessitent de très fortes mesures de santé publique », a conclu Matshidiso Moeti. Une vigilance constante reste donc de mise.