Mort de George Floyd : L'émotion relancée par une nouvelle vidéo d'un Afro-Américain décédé après son interpellation

ETATS-UNIS La police d’Oklahoma City a rendu publique la vidéo d’un incident remontant à 2019 dans laquelle Derrick Scott crie « Je ne peux pas respirer », et un agent répond « Je m’en fous »

P.B.

— 

Mort de George Floyd : L'émotion relancée par une nouvelle vidéo d'un Afro-Américain décédé après son interpellation — 20 Minutes

« I can’t breathe ! » Aux Etats-Unis, les derniers mots («Je ne peux pas respirer ») de George Floyd, mais aussi d’Eric Garner, sont devenus le cri de ralliement des manifestants qui dénoncent les violences policières et les nombreux décès par asphyxie d’Afro-Américains lors de leur interpellation. Dans un climat particulièrement tendu, la police d’Oklahoma City a rendu publique, mercredi, la vidéo de l’interpellation de Derrick Scott, en mai 2019, qui était décédé à son arrivée à l’hôpital. Après la diffusion des images, la famille de la victime a réclamé l’ouverture d’une enquête, alors que la police avait estimé l’an dernier que les agents n’étaient pas en faute.

La police intervenait après le signalement d’un homme « agitant une arme » sur un parking. Interpellé par les agents, Derrick Scott s’enfuit en courant. Il est rattrapé par un policier qui le plaque au sol à plat ventre. Deux agents tentent ensuite maîtriser le suspect et trouvent un pistolet dans son pantalon. Ils n’ont pas recours à une prise d’étranglement mais on peut voir un genou entre ses épaules. Selon la police de la ville, il s’agit d’une manœuvre « standard ».

« Traité comme un animal »

« Je ne peux pas respirer », supplie Scott. « Je m’en fous », répond un des policiers. « Il fait semblant d’être inconscient », ajoute sa collègue. Selon le shérif, les policiers ont toutefois aussitôt appelé les premiers secours puis placé l’homme en position de survie. Il reprend connaissance puis, alors que les ambulanciers essaient de le faire monter sur la civière, Scott tente de leur donner un coup de pied. Dans l’ambulance, il perd à nouveau connaissance. Les secours tentent de le réanimer mais il décède à l’hôpital.

Sur le rapport d’autopsie, le médecin légiste liste comme « cause probable » un « pneumothorax traumatique ». Parmi les facteurs ayant pu jouer un rôle : l’immobilisation, une maladie cardiaque et une consommation récente de méthamphétamine.

Jeudi soir, le bureau du procureur n’avait pas réagi. Dans une interview à la chaîne locale KOCO 5, la mère de la victime, Vickey Scott, a accusé la police d’avoir traité son fils « comme un animal ». L’association de défense des droits civiques NAACP, elle, a réclamé « la fin des manœuvres mortelles de la police ».