Centrafrique: L’accord de paix très fragilisé

VIOLENCES Le mouvement 3R a suspendu sa participation à l’accord de 2019 après une mise en garde de la Mission des nations unies en Centrafrique

20 Minutes avec AFP

— 

Un soldat de la Minusca à Bangui (illustration).
Un soldat de la Minusca à Bangui (illustration). — Anthony Fouchard/SIPA

Alors qu’une élection présidentielle à haut risque est prévue pour décembre 2020, le spectre des violences généralisées plane une nouvelle fois sur la Centrafrique. Un des principaux groupes armés du pays a annoncé vendredi soir qu’il suspendait sa participation à l’accord de paix qu’il avait signé le 6 février 2019 avec le gouvernement centrafricain et 13 autres mouvements rebelles.

Répliquer par la force

« Le mouvement 3R (Réclamation et Réhabilitation) décide de la suspension de toute sa participation aux organes de mise en œuvre » de l’accord de paix, a confirmé le chef du groupe, Sidiki Abbas, dans un communiqué. Il a demandé également aux hommes des 3R de « répliquer avec la dernière force en cas d’attaque contre ses bases » par les forces gouvernementales. Toutefois, le mouvement « réaffirme son engagement irréversible dans le processus de mise en œuvre » de l’accord de paix « si les menaces, les provocations cessent ».

La situation avait commencé à se tendre mercredi. Ce jour-là, la Mission des nations unies en Centrafrique (Minusca) avait mis en garde Sidiki Abass « contre sa tendance expansionniste dans d’autres parties de la région, en claire la violation de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine (APPR-RCA) ».

Un accord peu respecté

Mais ces reproches ne sont pas nouveaux dans un pays en proie aux exactions des milices et dont le gouvernement ne contrôle qu’une petite partie du territoire. En mai 2019 déjà, quatre mois après la signature de l’accord, 46 civils avaient été tués par des éléments des 3R à Paoua, dans le nord-ouest du pays.

Quatre mois plus tard, Sidiki Abass, également connu sous le nom de Sidi Bi Soulemane, annonçait sa démission de son poste de conseiller militaire auprès du gouvernement centrafricain, qu’il occupait dans le cadre de l’accord de paix. Reste à savoir maintenant comment vont réagir les autres parties et surtout si la présidentielle pourra effectivement se tenir librement dans 6 mois.