Egypte : Trois jeunes filles sont excisées, le médecin et le père vont être condamnés

MUTILATIONS Le professionnel « est allé chez elles, sous couvert de leur administrer un vaccin contre le coronavirus », a expliqué la justice

20 Minutes avec agences
— 
Une femme devant une affiche anti-excision à Abidjan, en 2005.
Une femme devant une affiche anti-excision à Abidjan, en 2005. — KAMBOU SIA / AFP

Le procureur général égyptien a annoncé avoir renvoyé devant un tribunal le père de trois filles mineures excisées ainsi que le médecin qui aurait exécuté les opérations. « Le médecin est allé chez elles, sous couvert de leur administrer un vaccin contre le coronavirus », a indiqué le parquet général ce mercredi.

« Elles ont perdu conscience et lorsqu’elles se sont réveillées, elles ont été choquées de trouver leurs jambes attachées et de ressentir une douleur au niveau de l’appareil génital », a-t-il ajouté. Un rapport médical a ensuite révélé « l’excision de parties de leurs organes génitaux externes », selon la même source.

Interdit depuis 2008

Les enquêteurs ont souligné que le médecin avait pratiqué sur les jeunes filles, toutes âgées de moins de 18 ans, une anesthésie générale, selon le même communiqué. L’excision est interdite en Egypte depuis 2008, mais la pratique reste répandue dans ce pays musulman conservateur où beaucoup estiment qu’elle préserve la chasteté des jeunes femmes.

« En 2016, nous avons renforcé la loi afin d’assurer que les auteurs d’excision soient condamnés à des peines allant jusqu’à sept ans de prison », a indiqué ce jeudi dans Reda el-Danbouki, directeur du Centre d’orientation et d’information juridique basé au Caire. Il estime cependant que les autorités judiciaires et policières traitent encore la question avec « une extrême clémence ».

90 % des 15-49 ans sont excisées

Selon Reda el-Danbouki, certains médecins arrêtés sont relâchés « presque immédiatement » après et ne sont pas poursuivis. En janvier, Nada Hassan Abdel Maqsood, une fille de 12 ans, est décédée après avoir subi une excision, déclenchant la colère sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Selon un rapport de 2015 du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), près de 90 % des femmes et jeunes filles égyptiennes entre 15 et 49 ans ont subi une excision. L’Unicef avait alors estimé que la pratique constituait une « violation des droits humains et une forme de violence contre les femmes et les filles ».