Iran : Paris réclame la libération de la chercheuse Fariba Adelkhah, « otage » depuis un an

DIPLOMATIE Le président français Emmanuel Macron a réclamé vendredi sa libération « immédiate »

C.C. avec AFP

— 

Fariba Adelkhah, une anthropologue franco-iranienne détenue en Iran depuis juin 2019
Fariba Adelkhah, une anthropologue franco-iranienne détenue en Iran depuis juin 2019 — THOMAS ARRIVE / SCIENCES PO / AFP

Le président français Emmanuel Macron a réclamé vendredi la libération « immédiate » de la chercheuse Fariba Adelkhah, détenue depuis un an à Téhéran et « otage » du régime iranien, selon la Prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi. « Il y a un an, Fariba Adelkhah était arbitrairement arrêtée en Iran. Il est inacceptable qu’elle soit toujours emprisonnée », a déclaré le président de la République sur Twitter.

« Mon message aux autorités iraniennes : la justice commande que notre compatriote soit immédiatement libérée », a-t-il martelé. « Fariba Adelkhah est un otage du gouvernement iranien. Elle n’a commis aucun crime », a renchéri l’avocate iranienne et lauréate du Prix Nobel de la Paix 2003 Shirin Ebadi dans une vidéo.

Son compagnon a lui été libéré en mars dernier

L’anthropologue franco-iranienne, spécialiste du chiisme et de l’Iran post-révolutionnaire à Sciences Po Paris, a été arrêtée le 5 juin 2019 à Téhéran en même temps que son compagnon Roland Marchal, un spécialiste réputé de l’Afrique venu lui rendre visite. Si ce dernier a été libéré en mars, la chercheuse, née en Iran en 1959 et vivant en France depuis 1977, a été condamnée le 16 mai à cinq ans de prison pour « collusion en vue d’attenter à la sûreté nationale ».

La détention de Fariba « réduit substantiellement la confiance entre nos deux pays », a averti le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. « Qu’est-ce qu’on peut faire ? De la pression ! », avait-il concédé fin mai, en reconnaissant que la situation était compliquée. Paris exige aussi un accès consulaire à la chercheuse, catégoriquement refusé depuis le début par les autorités iraniennes qui ne reconnaissent pas la double nationalité. Elle est désormais dans l’attente d’une décision de justice en appel ou d’une hypothétique grâce du guide suprême Ali Khamenei. Mais ses espoirs de libération prochaine sont minces.