Coronavirus aux Pays-Bas : « Plus de 10.000 » visons d’élevages pourraient être abattus

EPIDEMIE « Le virus peut continuer à circuler dans les élevages de visons pendant une longue période et peut donc présenter un risque pour la santé publique et animale », ont écrit les ministres dans une lettre envoyée au Parlement

20 Minutes avec agences

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Un vison d'Amérique (illustration).
Un vison d'Amérique (illustration). — Jandenouden/Pixabay

Un juge néerlandais, saisi par des défenseurs des animaux, a ordonné ce jeudi soir un report de l’abattage de plus de 10.000 visons d’élevage potentiellement infectés par le coronavirus, qui devait débuter ce vendredi. Les autorités néerlandaises avaient ordonné cet abattage car des cas de Covid-19 auraient été signalés chez les petits mammifères de cet élevage, qui ont « probablement » transmis la maladie à deux employés.

Mais un juge d’un tribunal économique spécialisé a décidé d’un report jusqu’à une audience, lundi, lors de laquelle deux groupes de défense des animaux seront entendus. Le nettoyage de ces élevages, qui touche sept entreprises réparties sur neuf sites dans le sud des Pays-Bas, vise à éviter qu’ils ne deviennent des foyers de contamination, avaient expliqué ce mercredi la ministre de l’Agriculture Carola Schouten et le ministre de la Santé publique Hugo de Jonge, suite à un avis des autorités sanitaires.

Une mesure « difficile »

« L’avis montre que le virus peut continuer à circuler dans les élevages de visons pendant une longue période et peut donc présenter un risque pour la santé publique et animale », ont écrit les ministres dans une lettre envoyée au Parlement. Les ministres ont évoqué une mesure « difficile » pour les éleveurs touchés, qui auront droit à une compensation financière. Le Comité de bien-être des animaux veillera à ce que les visons soient abattus de « manière responsable », ont-ils assuré.

Les autorités ont signalé en mai deux cas plausibles de contamination de Néerlandais par des visons, qui pourraient être, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les « premiers cas connus de transmission » du nouveau coronavirus de l’animal à l’homme. Le gouvernement a par conséquent interdit le transport de ces animaux et rendu le dépistage au Covid-19 obligatoire dans tous les élevages de visons du pays.

L’élevage de visons en vue de la commercialisation de leur fourrure est très controversé aux Pays-Bas. En 2016, la plus haute instance judiciaire du pays a ordonné la fermeture des élevages d’ici 2024.