Mort de George Floyd : Snapchat modère à son tour les messages de Trump « incitant à la violence raciale »

RESEAUX SOCIAUX L’entreprise explique ne pas vouloir « amplifier des voix qui incitent à la violence raciale et à l’injustice en faisant leur promotion gratuite »

20 Minutes avec AFP

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Snapchat a annoncé qu'il ne ferait désormais plus la promotion des messages du président américain, même si ceux-ci restent visibles aux abonnés à son compte (illustration).
Snapchat a annoncé qu'il ne ferait désormais plus la promotion des messages du président américain, même si ceux-ci restent visibles aux abonnés à son compte (illustration). — S. Salom-Gomis / Sipa

Snapchat a rejoint Twitter mercredi pour atténuer l’écho des messages de Donald Trump, qui « incitent à la violence raciale » dans un pays où des centaines de milliers de personnes défilent depuis 10 jours contre les violences faites à la minorité noire.

Le réseau social, très prisé des jeunes de la génération Z, a annoncé qu’il ne ferait désormais plus la promotion des messages du président américain, même si ceux-ci restent visibles aux abonnés à son compte et apparaissent quand un usager fait une recherche spécifique.

« Nous n’allons pas amplifier des voix qui incitent à la violence raciale et à l’injustice en faisant leur promotion gratuite sur Discover », le fil d’info du réseau où les utilisateurs peuvent trouver les nouveautés, les recommandations ou encore les publications de médias ou de personnalités connues, a précisé l’entreprise.

La campagne de Trump accuse Snapchat de vouloir « truquer » l’élection

Snapchat rejoint ainsi Twitter qui a provoqué l’ire du président des Etats-Unis la semaine dernière, en mettant des avertissements sur les messages qu’il envoie à ses plus de 81 millions d’abonnés. L’un concernait la fraude électorale que Twitter estimait être de la désinformation et l’autre pouvait laisser penser que le président appelait à faire feu sur des pilleurs. Les deux réseaux ont toutefois choisi de ne pas bannir totalement Donald Trump.

Ce dernier a très mal pris les initiatives de Twitter, profitant de son audience sur le réseau pour dénoncer ce qu’il perçoit comme de la censure et une confirmation d’un biais de gauche et anti parti républicain. La campagne présidentielle pour sa réélection a d’ailleurs rapidement publié un communiqué accusant Snapchat de vouloir « truquer » le scrutin du 3 novembre.

« Le PDG extrémiste de Snapchat Evan Spiegel préfère promouvoir des vidéos d’émeutes d’extrême gauche et encourager ses usagers à détruire l’Amérique plutôt que de partager le message positif d’unité, de justice, de la loi et de l’ordre du président », accuse la campagne. « La violence raciale et l’injustice n’ont pas leur place dans la société et nous sommes solidaires de tous ceux qui recherchent la paix, l’amour, l’égalité et la justice en Amérique », souligne Snapchat dans un courriel à l’AFP.

Rester silencieux, c’est agir « en faveur de ceux qui font le mal »

Pendant le week-end, Evan Spiegel avait envoyé une longue lettre aux employés de Snap, la maison mère du réseau, pour y condamner ce qu’il perçoit comme la perpétuation de l’injustice raciale en Amérique. « Chaque minute pendant laquelle nous sommes silencieux face au mal et aux injustices, nous agissons en faveur de ceux qui font le mal », écrivait-il.

Contrairement à Twitter ou désormais Snapchat, Facebook, le premier réseau social au monde, a choisi de ne pas signaler ou censurer de quelque manière que ce soit les messages du président américain. Une décision assumée par Mark Zuckerberg, le dirigeant et fondateur de Facebook, mais critiquée très publiquement par une partie de ses employés, certains ayant préféré démissionner que de continuer à travailler pour l’entreprise.