Déconfinement : Alcool, cigarettes, pecorino et petites culottes… Les Azuréens sont de retour en Italie

REPORTAGE Des Français ont profité du premier jour de réouverture de la frontière, côté italien, à Vintimille

Fabien Binacchi

— 

Alcool, cigarettes, pecorino et petites culottes… Les Azuréens sont de retour en Italie — 20 Minutes
  • L’Italie a rouvert ses frontières aux ressortissants européens ce mercredi 3 juin.
  • La France devrait faire de même le 15 juin.
  • Les Azuréens, frontaliers de l’Italie, en ont profité pour aller faire le plein, moins cher, d’alcool et de cigarettes notamment.

De notre envoyé spécial à Vintimille (Italie)

« C’est pas cher ! Tu aurais dû aussi prendre du whisky. » Tout juste sorti du magasin Eurodrink, les bras déjà chargés de bouteilles, ce couple rebrousse chemin. On parlait beaucoup français ce mercredi à Vintimille. Et ça faisait longtemps que ce n’était pas arrivé. De nombreux Azuréens ont profité de la réouverture de la frontière, côté italien, pour venir refaire le plein : les taxes sont avantageuses sur certains produits.

Juste à côté, via Ruffini, la file d’attente du « Tabacchi » ne diminue jamais. Et, sur ce bout de trottoir occupé, ça ne parle encore que dans la langue de Molière. Mélissa et Marie attendent avec les autres. « Oui, on vient acheter six cartouches de cigarettes, mais ce n’est même pas pour nous, prennent-elles le soin de préciser. On est de Roquebrune-Cap-Martin, pas très loin. On vient se balader de temps en temps par ici. Ça nous manquait. On avait un jour de congé pour faire les boutiques et on a proposé à des copains de leur ramener des cigarettes. »

« On est là parce que c’est moins cher ! »

A la sortie de la gare, Mattia, barman à l’American bar, confirme le retour des « voisins français », même si l’affluence de l’avant Covid-19 n’est pas encore là. « Ils se posent pour boire un café, puis la plupart file directement dans un tabac », raconte-t-il.

C’est presque la règle. « On est là parce que c’est moins cher ! La cartouche est à 50 euros ici contre 90 euros en France », expliquent les deux copines de Nice, Danielle et Chantal, 72 et 68 ans.

« Mais on n’est pas venues que pour ça, ajoute la première, en chargeant le coffre de sa voiture, stationnée sur la Piazza della Libertà, à côté de beaucoup d’autres véhicules immatriculés dans le 06. On s’est aussi fait un bon plat de pâtes à la tomate et à la ricotta, avec une glace en dessert. » « Et moi, j’ai également acheté du pecorino sarde [un fromage] et des petites culottes », glisse Chantal, dans un éclat de rire.

Une vérification stricte des attestations

Patrizia, à la caisse du magasin Coppo 1896 Spa, a un peu retrouvé le sourire derrière son masque en tissu. « En deux mois, on a ouvert quelques fois. On a dû donner plein de produits périssables à des associations, explique l’employée de cette grande épicerie, où s’écoulent des biscuits, des pâtisseries, mais surtout de l’alcool. Ça fait vraiment plaisir de voir revenir les clients. »

En milieu d’après-midi, Marielle en ressort avec du fromage, deux panettones et trois bouteilles de Pastis. La Cagnoise semble inquiète : « J’ai entendu dire qu’il y avait de la circulation due aux contrôles des policiers à Menton ».

En début de matinée, en effet, les autorités françaises avaient imposé une vérification stricte des attestations, l’Hexagone n’ayant pas prévu de rouvrir ses frontières avant le 15 juin. Mais le préfet des Alpes-Maritimes « a donné les instructions nécessaires afin de fluidifier les points d’entrée et assouplir les contrôles pour les ressortissants français de retour sur le territoire national ».