CPI: L’ex-président ivoirien Gbagbo autorisé à quitter la Belgique

JUSTICE INTERNATIONALE Les juges ont toutefois mis des conditions à ses déplacements dont l’obligation d’obtenir l’accord préalable du pays dans lequel il souhaitera se rendre

20 Minutes avec AFP

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Laurent Gbagbo, le 1er février 2019 devant la Cour pénale internationale à La Haye.
Laurent Gbagbo, le 1er février 2019 devant la Cour pénale internationale à La Haye. — Peter Dejong/AP/SIPA

La donne pour l’élection présidentielle prévue en octobre prochain en Côte d’Ivoire va-t-elle changer ? La question peut se poser alors que la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé jeudi autoriser l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo à quitter la Belgique. Il y était assigné à résidence depuis son acquittement en 2019 d’accusations de crimes contre l’humanité.

Son parti attend son retour

Toutefois, la victoire n’est pas totale pour Laurent Gbagbo. Les juges ont rejeté la demande de liberté sans condition présentée par l’ex-chef d’Etat ivoirien. Ainsi, tout pays dans lequel il souhaitera se rendre devra notamment accepter au préalable de le recevoir, a indiqué un porte-parole de la Cour de La Haye. Cela rend donc pour le moment incertain son éventuel retour en Côte d’Ivoire, où le parti qu’il a fondé, le Front populaire ivoirien (FPI), se prépare aux prochaines échéances électorales.

L’heure est pour le moment à la satisfaction pour les partisans de Laurent Gbagbo. « Nous sommes contents, c’était important que ces restrictions soient levées », a réagi Franck Anderson Kouassi, le porte-parole du FPI. « On attend maintenant la date de son retour au pays. On va l’accueillir ». Pour l’ex-président ivoirien Henri Konan Bédié, chef du parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principal mouvement d’opposition avec qui le FPI a conclu un accord pour la présidentielle et les législatives, a pour sa part estimé que cette décision est « un moment de bonheur pour la majorité des Ivoiriens ».

Plus de sept années de détention

Après plus de sept ans passés en détention à La Haye, Laurent Gbagbo a été reconnu non coupable en janvier 2019 de crimes commis entre 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales en Côte d’Ivoire, qui avaient fait quelque 3.000 morts en cinq mois. L’ancien président et son co-accusé Charles Blé Goudé, ex-chef des Jeunes patriotes ivoiriens, ont été libérés en février de la même année sous conditions, dont l’obligation de résider dans un Etat membre de la CPI disposé à les accueillir en attendant le procès en appel.

Laurent Gbagbo, 74 ans, vit depuis à Bruxelles, tandis que Charles Blé Goudé, 48 ans, est resté à La Haye. Ce dernier, interrogé dans la nuit de jeudi à vendredi et également concerné par la décision de justice, s’est dit « content de retrouver sa liberté de mouvement », ajoutant que « le chemin de la justice et de la vérité est long et lent ». Il faut dire que la justice ivoirienne attend toujours de mettre la main sur ces deux anciens dirigeants. Début novembre 2019, la justice ivoirienne a ainsi condamné en appel Laurent Gbagbo par contumace à 20 ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest. Un mois plus tard, Charles Blé Goudé écopait de la même peine, également par contumace, pour des crimes commis dans le cadre de la crise de 2010-2011.