Incendie à Kyoto Animation : Le suspect écroué

JAPON Interpellé juste après l’incendie, il avait aussitôt dû être hospitalisé et aurait passé plusieurs semaines dans le coma, ce qui avait empêché la police de l’arrêter formellement

20 Minutes avec AFP
Une femme prie pour la mémoire des victimes de l'incendie de Kyoto Animation, le 19 juillet 2019.
Une femme prie pour la mémoire des victimes de l'incendie de Kyoto Animation, le 19 juillet 2019. — Jae C. Hong/AP/SIPA

La police japonaise a annoncé mercredi avoir arrêté l’auteur présumé de l’incendie volontaire d’un studio d’animation à Kyoto l’an dernier, qui avait fait 36 morts et une trentaine de blessés dont le suspect lui-même, longtemps hospitalisé.

« Nous avons arrêté Shinji Aoba, 42 ans, soupçonné d’avoir tué 36 personnes en mettant le feu » au studio 1 de Kyoto Animation (surnommé Kyoani) le 18 juillet 2019, a déclaré à l’AFP un porte-parole de la police.

Il est aussi soupçonné de tentative de meurtre sur 34 autres personnes ayant été blessées dans l’incendie, et d’avoir violé la législation japonaise sur les armes, ayant été aperçu avec des couteaux sur la voie publique, a ajouté ce porte-parole.

Plusieurs semaines dans le coma

Shinji Aoba avait été interpellé juste après l’incendie. Mais souffrant lui-même de graves brûlures, il avait aussitôt dû être hospitalisé et aurait passé plusieurs semaines dans le coma, ce qui avait ainsi empêché la police de l’arrêter formellement dans l’immédiat. Il est toujours en train de se rétablir de ses blessures, mais la police a mis en place des installations médicales dans un commissariat pour l’interroger dans de meilleures conditions, selon la chaîne de télévision publique NHK.

Selon plusieurs témoignages, il avait fait irruption dans le bâtiment du studio en répandant de l’essence puis de l’enflammer en criant « Vous allez mourir ». Son mobile reste flou. Il n’avait aucun lien connu avec Kyoto Animation mais aurait accusé le studio de lui avoir volé une idée de scénario. Souffrant d’une maladie mentale, il avait déjà écopé d’une peine de plus de trois ans de prison pour avoir commis un vol dans une supérette en 2012, selon les médias.

La tragédie de Kyoani avait eu un vaste retentissement au Japon comme à l’étranger. Kyoani comptait beaucoup de jeunes salariés, et notamment des femmes. Ces jeunes professionnels portaient « l’industrie de l’animation japonaise sur leurs épaules (…). Des joyaux japonais ont été perdus », avait déclaré le président de l’entreprise Hideaki Hatta après le drame. Fondé en 1981, ce studio réputé pour sa qualité a produit des dessins animés souvent inspirés de mangas, dont « Munto », « Lucky Star », « La Mélancolie de Haruhi Suzumiya » ou encore « K-ON ! ».