Coronavirus : Les musulmans du monde entier fêtent l'Aïd el-Fitr confinés

RELIGION De l’Egypte à l’Irak, en passant par la Turquie et la Syrie, plusieurs pays ont interdit les prières collectives

20 Minutes avec AFP
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Un fidèle venu prier pour l'Aid El-Fitr dans une mosquée à Milan en Italie.
Un fidèle venu prier pour l'Aid El-Fitr dans une mosquée à Milan en Italie. — Carlo Cozzoli

C’est l’une des fêtes les plus importantes du calendrier musulman. Des fidèles musulmans du monde entier célèbrent ce dimanche l’Aïd el-Fitr, la fête marquant la fin du mois de jeûne du ramadan, assombrie cette année par les mesures visant à endiguer la pandémie de Covid-19.

Cette fête est traditionnellement célébrée par des prières à la mosquée, des visites familiales et des achats de vêtements, de cadeaux ou de friandises. Mais cette année, les célébrations doivent composer avec le nouveau coronavirus.

« L’Aïd n’est pas l’Aïd avec ce corona, les gens ont peur »

De l’Egypte à l’Irak, en passant par la Turquie et la Syrie, plusieurs pays ont interdit les prières collectives. Certains ont renforcé les restrictions après qu’un certain relâchement pendant le ramadan a entraîné une hausse des infections selon les autorités.

L’Arabie saoudite, qui abrite les lieux les plus saints de l'islam, a vu le nombre d’infections quadrupler depuis le début du jeûne, pour atteindre environ 68.000 cas. Le royaume a instauré un couvre-feu total de cinq jours ayant débuté samedi. La grande mosquée de La Mecque était quasiment vide ce dimanche.

A Jérusalem, la mosquée Al-Aqsa, troisième site le plus saint de l’islam, était fermée. A l’aube, des heurts ont opposé des membres des services de sécurité israéliens à des fidèles réunis autour du site, où des prières ont eu lieu.

A Gaza, le Hamas, mouvement islamiste qui contrôle l’enclave palestinienne, a autorisé les prières dans les mosquées malgré l’annonce d’un premier décès lié au coronavirus samedi. « L’Aïd n’est pas l’Aïd avec ce corona, les gens ont peur », a confié un fidèle.

En Tunisie, une quarantaine de fidèles ont prié, à deux mètres de distance, à la grande mosquée Malek Ibn Anas de Carthage, où se rassemble d’habitude pour l’Aïd une foule de croyants. La mosquée de la Zitouna, haut lieu historique de l’islam au coeur de la médina de Tunis, est elle restée vide, un évènement rarissime depuis sa fondation au VIIe siècle selon des imams.

En Asie, les musulmans se sont rués sur les marchés pour faire leurs achats avant la fête, sans respecter les mesures de distanciation sociale. « Pendant plus de deux mois, mes enfants ont été confinés à la maison », raconte Ishrat Jahan, mère de quatre enfants, sur un marché de la ville pakistanaise de Rawalpindi.  En Indonésie, plus grand pays musulman du monde, certains se sont tournés vers les passeurs et les faux certificats pour contourner l’interdiction de voyager dans l’archipel, selon la grande migration annuelle de fin de ramadan.

« Notre plus grande inquiétude » est d’avoir « de nouveaux pics de la maladie »

Le nombre de décès dus au Covid-19 au Moyen-Orient et en Asie a été plus faible qu’en Europe et aux Etats-Unis, mais il augmente régulièrement, ce qui fait craindre que le virus ne submerge des systèmes de santé souvent sous-financés.

L'Iran, pays le plus touché au Moyen-Orient, a demandé à ses citoyens d’éviter de voyager pendant l’Aïd qui est célébrée dimanche et lundi en fonction des autorités religieuses suivies par les fidèles. « Notre plus grande inquiétude » est d’avoir « de nouveaux pics de la maladie à cause du non-respect des consignes sanitaires », ont mis en garde les autorités.

En Russie, le deuxième pays le plus touché du monde en nombre de contaminations, les dignitaires religieux musulmans ont appelé les croyants à « rester à la maison et à créer une ambiance festive en famille ». Il a été décidé d’ouvrir pour les prières uniquement les plus grandes mosquées des villes russes, mais avec participation « du nombre minimal de personnes » nécessaire pour une prière collective.