Coronavirus: Le PIB russe devrait chuter de 9,5 % au deuxième trimestre

CRISE Selon le ministre de l’Economie, le PIB devrait reculer de 5 % en 2020 avant de se rétablir en 2021 avec une hausse attendue de 2,8 %

20 Minutes avec AFP

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La place rouge à Moscou le 21 mai 2020.
La place rouge à Moscou le 21 mai 2020. — Stanislav Krasilnikov/TASS/Sipa

Comme pour la plupart des pays du monde, le coronavirus met à genoux l’économie russe. Les autorités du pays ont annoncé jeudi s’attendre à un plongeon du produit intérieur brut (PIB) de 9,5 % au deuxième trimestre et à une baisse globale de 5 % sur l’année 2020.

Tous les indicateurs sont au rouge

Selon le ministre de l’Economie, Maxime Rechetnikov, l’économie russe devrait se rétablir en 2021 avec une hausse attendue de 2,8 % du PIB et revenir à son niveau d’avant la crise en 2022. Mais pour l’instant, le pays doit composer avec la crise sanitaire et la chute des cours du pétrole. Le ministre de l’Economie a ainsi dit s’attendre à une hausse du chômage de 5,7 % sur l’année 2020 et à une chute des exportations (-36 %) et des importations (-21,3 %). Les investissements devraient aussi connaître une baisse de 12 % cette année.

L’agence des statistiques Rosstat a déjà rapporté jeudi une chute de la production industrielle de la Russie de 6,6 % en avril sur un an à cause d’un mois entièrement chômé décrété par le président Vladimir Poutine. La plupart des industries n’ont repris le travail qu’au mois de mai. Dès le début du confinement, le coup a été dur pour les entreprises russes, contraintes de maintenir les salaires, une mission impossible notamment pour les PME.

La Russie mieux préparée qu’en 2014

La Banque centrale russe a elle aussi prédit une année noire pour le pays. Selon elle, la Russie doit s’attendre à une baisse du PIB pouvant aller jusqu’à 6 % en 2020 et à un nombre de chômeurs totalisant 8 millions de personnes. Mais, comme le gouvernement, elle prévoit aussi une reprise de la croissance dès 2021.

Il est tout de même à noter que la Russie semble cette fois mieux armée que lors de la dernière crise commencée en 2014 par l’imposition des sanctions occidentales. Moscou, qui a depuis accumulé d’importantes réserves grâce à cinq années d’austérité budgétaire, s’est rendue moins vulnérable aux chocs externes en substituant une partie de ses importations et en maîtrisant son inflation. La Russie a également pris de multiples mesures de soutien aux citoyens et aux entreprises, mais celles-ci pourraient s’avérer insuffisantes, selon les économistes.