Tchétchénie: Ramzan Kadyrov hospitalisé, le coronavirus suspecté

Covid-19 ? Âgé de 43 ans, il est actuellement hospitalisé à Moscou. Pour les agences de presse russes, il aurait le Covid-19

20 Minutes avec AFP

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Le dirigeant tchétchène, Ramzan Kadyrov, en visite dans un hôpital de Grozny le 20 avril 2020.
Le dirigeant tchétchène, Ramzan Kadyrov, en visite dans un hôpital de Grozny le 20 avril 2020. — Grozny TV Channel/TASS/Sipa USA/

En l’absence d’informations officielles sur la santé de Ramzan Kadyrov, les rumeurs courent en Tchétchénie. Seule certitude : le dirigeant du pays a été hospitalisé à Moscou jeudi. Mais, selon plusieurs sources médicales relayées par des agences de presse russes, il serait suspecté d’être malade du nouveau coronavirus.

Nombreuses diatribes contre les malades

« Ramzan Kadyrov a été transporté par avion à Moscou, on soupçonne le coronavirus. Il est sous observation de médecins », a indiqué une source médicale à l’agence d’Etat TASS, décrivant son état comme « stable ». L’agence publique Ria Novosti a également fait état de l’hospitalisation du responsable tchétchène de 43 ans. Les autorités en Tchétchénie n’ont par contre pas commenté pour le moment ces informations, affirmant dans les médias russes qu’il dirigeait toujours les efforts de lutte contre l’épidémie.

Imprévisible, réputé pour ses diatribes, Ramzan Kadyrov a multiplié les déclarations menaçantes pour imposer le confinement en Tchétchénie et faire taire les critiques. En avril, il avait menacé une journaliste du journal d’opposition Novaïa Gazeta pour un article qui rapportait que les Tchétchènes malades du coronavirus étaient réticents à demander l’aide d’hôpitaux sous-équipés, craignant les mesures punitives et les représailles des forces de sécurité. Le dirigeant a aussi proclamé publiquement que ceux qui ne s’isolaient pas devaient être « tués », comparant les Tchétchènes qui en contaminent d’autres à des « terroristes ». Dernière déclaration controversée en date, en début de semaine, il avait exigé le renvoi de soignants tchétchènes, des « provocateurs » selon lui, qui s’étaient plaints du manque de moyens de protection contre le coronavirus.

Placé par Poutine

Ramzan Kadyrov dirige d’une main de fer la Tchétchénie, fort de la protection de Vladimir Poutine. Longue barbe rousse et carrure de boxeur, il gère ce territoire comme son fief personnel, doté de sa propre armée de loyalistes. Il a été placé à la tête de cette petite république russe du Caucase à majorité musulmane par Vladimir Poutine en 2007, trois ans après la mort dans une attaque à la bombe de son père Akhmad Kadyrov, le premier président pro Kremlin de Tchétchénie.

La Tchétchénie compte officiellement 1.026 cas détectés de nouveau coronavirus, dont 11 morts. Au total, la Russie compte, elle, 317.554 contaminés recensés et 3.099 morts. Des critiques mettent toutefois en doute la réalité du taux de mortalité, faible comparé à l’Europe occidentale ou aux Etats-Unis, accusant la Russie de sous-évaluer le nombre des morts.