Brésil : Un peuple indigène isolé victime de « génocide », selon l’ONG Survival

AMAZONIE Les Gardiens de la forêt se sont fixés pour mission de préserver l’environnement et de protéger des peuples isolés comme les Awa Guaja, actuellement menacés

20 Minutes avec agences

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Amazonie, illustration
Amazonie, illustration — AFP

Le peuple indigène brésilien Awa Guaja, qui vit isolé au cœur de l’Amazonie, est en train de « subir un génocide », a affirmé mercredi 13 mai le collectif des Gardiens de la forêt. « Il faut empêcher les incursions dans nos territoires, sinon, les Awa Guaja vont mourir », explique Olimpio Guajaja, un responsable, dans un communiqué relayé par l’ONG Survival.

« Nous devons avertir à nouveau le gouvernement brésilien et la communauté internationale que les Awa Guaja sont en train de subir un génocide », a-t-il insisté. Le collectif des Gardiens de la forêt a été fondé en 2012 dans le Maranhao, Etat amazonien du nord-est du Brésil, pour y empêcher les incursions de trafiquants de bois ou orpailleurs illégaux sur des terres censées être réservées aux indigènes. Plusieurs de ces Gardiens ont été assassinés ces derniers mois.

Un territoire « rogné »

Le collectif s’est fixé pour mission de préserver l’environnement en tentant d’empêcher la déforestation et de protéger des peuples isolés comme les Awa Guaja, près de 400 personnes vivant coupées du monde dans le Maranhao. Selon les Gardiens de la forêt, cette communauté est de plus en plus contrainte de se rapprocher de villages d’autres tribus, « parce que leur territoire est rogné par des activités illégales de déboisement qui dévastent les derniers espaces de forêt préservée ».

« Les non indigènes font plein de promesses qu’ils ne tiennent pas. Ils apportent des maladies qui se propagent parce qu’ils ne savent pas respecter la nature, qui est sacrée pour nous », conclut le texte. La pandémie de Covid-19 est une nouvelle menace pour des peuples indigènes déjà fortement affectés par une déforestation qui n’a cessé d’augmenter depuis l’arrivée au pouvoir il y a un an et demi du président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Ce dernier prétend notamment ouvrir leurs territoires aux activités minières.

Plus de 16.000 morts

D’après l’Association des Peuples Indigènes du Brésil (Apib), le virus s’est déjà propagé au sein de 40 peuples autochtones, contaminant 537 personnes, pour un lourd bilan de 102 morts. D’après le dernier recensement, datant de 2010, près de 800.000 indigènes de plus de 300 ethnies vivent au Brésil.

Le pays compte plus de 16.000 morts, dont 549 dans le Maranhao, où vivent les Awa Guaja. Plus de 1.400 personnes sont décédées dans l’Etat d’Amazonas (nord), qui concentre le plus de populations indigènes.