Coronavirus : Au Qatar, ceux qui ne portent pas de masque risquent trois ans de prison et 60.000 euros d’amende

SANCTION Le Qatar présente l’un des taux d’infection par habitant les plus élevés au monde

20 Minutes avec agences

— 

Un masque de protection (illustration)
Un masque de protection (illustration) — Lexie Harrison-Cripps / SOPA Ima/SIPA

Le Qatar a commencé dimanche à appliquer les sanctions les plus sévères au monde contre les personnes ne portant pas de masque en public. Les contrevenants risquent jusqu’à trois ans de prison et 200.000 rials (environ 60.000 euros) d’amende. Objectif : endiguer l’épidémie de coronavirus qui progresse rapidement dans le pays.

Les personnes seules dans leurs voitures ne sont pas soumises au port obligatoire du masque. Mais la police a arrêté des conducteurs pour les informer de l’entrée en vigueur de la mesure, selon les témoignages de plusieurs expatriés à l’AFP. Dans la soirée, la police a aussi érigé des checkpoints pour contrôler les voitures avec plusieurs passagers. « A partir d’aujourd’hui, c’est très strict », a témoigné Majid, un chauffeur de taxi, le visage à moitié couvert par un masque noir.

Plus de 32.000 contaminations au nouveau coronavirus ont été recensées dans ce petit pays du Golfe, soit 1,2 % de l’ensemble de la population de 2,75 millions d’âmes. Le virus a déjà fait 15 morts. Seuls les micro-états de Saint-Marin et du Vatican ont enregistré des taux d’infection par habitant plus élevés, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.

Les chantiers de la Coupe du monde 2022 maintenus

Selon les autorités du Qatar, les rassemblements familiaux pendant le mois de jeûne musulman du ramadan pourraient avoir favorisé la progression du virus.

Les restaurants, cinémas, écoles, centres commerciaux et mosquées ont été fermés mais les chantiers de construction – notamment ceux liés à la Coupe du monde de football 2022 – ont été maintenus avec la mise en place de règles de distanciation physique et port obligatoire du masque depuis le 26 avril.

Dimanche, une équipe de 12 ouvriers masqués travaillait, à distance les uns des autres, sous un soleil de plomb dans le quartier populaire de Mcheireb, à Doha.

Trois mois de prison au Maroc

Des dizaines de milliers de travailleurs immigrés ont été mis en quarantaine dans la zone industrielle de Doha après qu’un certain nombre d’infections y ont été enregistrées à la mi-mars, mais les autorités ont commencé à assouplir les restrictions.

D’après Abdullatif al-Khal, coprésident du Comité national de prévention de la pandémie, la plupart des nouvelles infections touchent des travailleurs immigrés bien qu’il y ait eu une hausse des contaminations parmi les Qataris.

Le port du masque est actuellement obligatoire dans une cinquantaine de pays. Au Tchad, les contrevenants risquent 15 jours d’emprisonnement. Au Maroc, la peine peut aller jusqu’à trois mois de prison et 1.300 dirhams (120 euros) d’amende.