Israël : Un colon condamné pour triple meurtre d’une famille palestinienne

PROCES Un colon israélien a été condamné pour la mort d'un bébé palestinien et de ses parents, tués dans l'incendie criminel de leur maison en 2015

20 Minutes avec AFP

— 

Vue de Nazareth, en Israël (illustration).
Vue de Nazareth, en Israël (illustration). — Neil Ward/Flickr

Un tribunal israélien a condamné, ce lundi, un colon israélien pour les meurtres​ d’un bébé palestinien et de ses parents, tués dans l’incendie criminel de leur maison en 2015, en Cisjordanie occupée.

Amiram Ben-Ouliel a également été reconnu coupable, par le tribunal de Lod (centre), de tentative d’homicide, d’incendie criminel et de conspiration en vue de commettre un crime raciste.

Un enfant de 4 ans miraculé

En juillet 2015, un bébé de 18 mois, Ali Dawabcheh, a été brûlé vif alors qu’il dormait, après que des engins incendiaires eut été lancés contre sa maison à Douma, entre Naplouse et Ramallah en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Son père Saad et sa mère Riham, surpris comme lui dans leur sommeil, avaient succombé à leurs brûlures dans les semaines suivantes.

Seul le frère du bébé, Ahmed, alors âgé de quatre ans, a survécu au drame. La peine à laquelle a été condamné Amiram Ben-Ouliel, qui était le principal suspect dans cette affaire, n’est pas connue dans l’immédiat. L’organisation israélienne Honenou, qui a aidé à la défense du condamné, a indiqué qu’elle allait saisir la Cour suprême. Amiram Ben-Ouliel a refusé de témoigner pendant son procès et a été condamné sur la base de ses aveux lors de l’interrogatoire.

Des aveux obtenus sous « la torture continue pendant trois semaines »

Son avocat, Asher Ohayon, a critiqué lundi sur la radio Kan l’usage d’aveux obtenus selon lui sous « la torture continue pendant trois semaines » du Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien. « Ca reste un acte de justice incomplet car nous sommes certains que l’incendie n’est pas le fait d’une seule personne », a regretté Nasser Dawabcheh, l’oncle du bébé, après l’annonce de la condamnation.

Le triple meurtre avait suscité une vive émotion dans les territoires palestiniens mais aussi à l’étranger et en Israël. L’Etat hébreu avait été critiqué par des organisations de défense des droits humains pour son « laxisme » vis-à-vis des groupes extrémistes juifs. Les Palestiniens avaient accusé Israël de « soutien » à l’extrémisme juif.