Les bombes à sous-munitions officiellement hors-la-loi

ARMES Une centaine de pays étaient réunis mercredi à Oslo pour signer un traité ce mercredi...

Avec agence

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Une centaine de pays vont signer, à partir de ce mercredi à Oslo, un traité d'interdiction totale des bombes à sous-munitions (BASM), des engins particulièrement meurtriers pour les populations civiles.
Une centaine de pays vont signer, à partir de ce mercredi à Oslo, un traité d'interdiction totale des bombes à sous-munitions (BASM), des engins particulièrement meurtriers pour les populations civiles. — AFP

Une centaine de pays étaient réunis ce mercredi à Oslo pour signer un traité interdisant les bombes à sous-munitions (BASM), dévastatrices pour les populations civiles. La cérémonie était marquée par l'absence des plus gros producteurs tels les Etats-Unis, la Russie et la Chine, Israël, l'Inde et le Pakistan. Mardi, Washington a par ailleurs réitéré son opposition à l'interdiction.

«Le monde est un endroit plus sûr aujourd'hui. C'est l'accord humanitaire le plus important de la dernière décennie», a déclaré à l'AFP Richard Moyes, coprésident de la Coalition contre les sous-munitions (CMC), organisation parapluie regroupant près de 300 ONG.

Le Laos, pays le plus infesté de la planète

Mercredi et jeudi, une centaine de pays au total, dont la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et le Canada, devraient apposer leur signature sur le texte négocié à l'arraché en mai à Dublin.

A l'origine du processus d'interdiction, la Norvège a ouvert le bal et signé, la première, l'accord qui bannit la production, l'utilisation, le stockage et le commerce de ces armes, et qui, fait novateur, oblige les signataires à venir en aide aux pays et personnes victimes des BASM.

Pays le plus infesté de la planète, le Laos a été le second à signer le traité. Entre 1964 et 1973, l'US Air Force a déversé 260 millions de sous-munitions sur son territoire, l'équivalent d'une cargaison de bombardier B52 toutes les huit minutes pendant neuf ans.

100.000 personnes tuées ou mutilées depuis 1965

Les BASM peuvent contenir plusieurs centaines de «bombettes» (lire encadré) qui se dispersent sur un vaste périmètre mais qui n'explosent pas toutes, se muant de facto en mines antipersonnel, lesquelles sont interdites par la Convention d'Ottawa de 1997.

Selon Handicap International, environ 100.000 personnes, dont 98% de civils, ont été tuées ou mutilées dans l'explosion de sous-munitions à travers le monde depuis 1965. Plus d'un quart sont des enfants intrigués par leurs formes et leurs couleurs.


Les bombes à sous-munitions (BASM), de la taille d'une canette de coca, sont composées d'un conteneur (bombe, obus, missile, roquette) qui regroupe, parfois par centaines, des mini-bombes explosives (appelées «sous-munitions»). Elles sont conçues pour saturer et interdire une zone ciblée. Larguées par voie aérienne, ces bombes sont censées exploser à l'impact. En réalité, les ratés sont fréquents (de 5 à 30 %). Non explosées, les sous-munitions représentent le même danger qu'une mine antipersonnel.