Coronavirus : Donald Trump sort la sulfateuse contre la Chine en multipliant les attaques et les menaces

DIPLOMATIE Le président américain envisage de rompre les relations avec la Chine. Notamment les relations commerciales, une économie de 500 milliards de dollars selon Donald Trump

F.H. avec AFP

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Le président américain Donald Trump.
Le président américain Donald Trump. — Manuel Balce Ceneta/AP/SIPA

Le retour de la diplomatie de la batte de base-ball ?  Donald Trump ne souhaite plus parler au président chinois Xi Jinping. Le président américain reproche à la Chine le lourd bilan du Covid-19 – près de 300.000 morts à travers le monde – qui aurait pu être évité, si le pays avait agi de manière responsable dès l’apparition du virus.

Dans un entretien à Fox Business diffusé jeudi, il s’est dit « très déçu » de l’attitude de Pékin et a rejeté l’idée de s’entretenir directement avec son homologue pour apaiser les tensions. « J’ai une très bonne relation [avec lui] mais pour le moment, je ne veux pas lui parler », a-t-il déclaré.

Interrogé sur les différentes mesures de rétorsion qu’il envisageait, Donald Trump, qui a ces derniers jours évoqué la possible instauration de taxes douanières punitives, s’est montré à la fois évasif et menaçant. « Il y a beaucoup de choses que nous pourrions faire. Nous pourrions rompre toute relation », a-t-il lancé.

Pékin affirme avoir transmis toutes les infos à l’OMS et aux Etats-Unis

« Si on le faisait, que se passerait-il ? », a-t-il poursuivi. « On économiserait 500 milliards de dollars si on rompait toute relation », a encore dit le milliardaire républicain, coutumier des mises en garde sans lendemain.

« Ce qui est arrivé au monde et à notre pays est très triste, tous ces morts », a poursuivi Donald Trump, critiqué aux Etats-Unis pour son manque d’empathie vis-à-vis des victimes. « Ils auraient pu l’arrêter [le virus] en Chine, d’où il est venu. Mais cela ne s’est pas passé comme ça », a encore dit le président américain, qui briguera le 3 novembre un deuxième mandat et avait fait de la bonne santé de l’économie l’un de ses principaux arguments de campagne.

Pékin affirme avoir transmis le plus vite possible toutes les informations à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et à d’autres pays, dont les Etats-Unis.

« La Chine continue de faire taire les scientifiques », assène Mike Pompeo

Les deux premières puissances économiques du monde sont engagées dans une escalade verbale à l’issue incertaine. « Pendant que les Etats-Unis et leurs alliés se coordonnent pour une réponse collective, transparente pour sauver des vies, la Chine continue de faire taire les scientifiques, les journalistes et les citoyens et de répandre la désinformation », a déploré jeudi Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine.

Des sénateurs de son camp républicain, très remontés contre Pékin, ont présenté mardi une proposition de loi qui donnerait au président le pouvoir d’imposer des sanctions à la Chine si elle ne contribuait pas en toute transparence à faire la lumière sur l’origine de la maladie.

Une « diffamation américaine »

Mercredi, Washington a accusé Pékin de tenter de pirater la recherche américaine sur un vaccin contre le nouveau coronavirus. « Les tentatives de la Chine pour cibler les secteurs [de la santé et de la recherche] représentent une menace grave pour la réponse de notre pays au Covid-19 », a prévenu le FBI.

Pékin a immédiatement dénoncé cette « diffamation américaine ». « La Chine est à la pointe de la recherche en matière de vaccins et de traitement contre le Covid-19. De ce fait, elle a plus de raisons que quiconque de se méfier du vol d’informations sur Internet », a souligné Zhao Lijian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Interrogé sur les éventuelles preuves dont il disposerait permettant de démontrer que le virus provenait d’un laboratoire de Wuhan, Donald Trump s’est montré jeudi beaucoup moins catégorique que par le passé, semblant même faire machine arrière. « Nous avons beaucoup d’informations. […] Mais vous savez, le pire de tout, que le virus soit venu du laboratoire ou des chauves-souris, c’est qu’il est venu de Chine et qu’ils auraient dû l’arrêter. »