Allemagne : Angela Merkel dit avoir les preuves d’une tentative de piratage russe sur ses bureaux

DAS LEGENDENBÜRO Les relations se tendent entre Berlin et Moscou depuis plusieurs mois

20 Minutes avec AFP

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Angela Merkel, la chancelière allemande, range les dossiers secrets de la chancellerie. (illustration)
Angela Merkel, la chancelière allemande, range les dossiers secrets de la chancellerie. (illustration) — Michael Sohn/AP/SIPA

Angela Merkel  a affirmé ce mercredi avoir des « preuves » de tentatives « scandaleuses » de piratage russes qui l’auraient visée à la chancellerie allemande. « Je peux honnêtement dire que cela me fait mal. Chaque jour, j’essaie d’avoir de meilleures relations avec la Russie et, d’un autre côté, il y a des preuves tellement tangibles que les forces russes font cela », a déclaré la chancelière devant les députés réunis au Bundestag.

Elle faisait référence à une cyber-attaque ayant visé en 2015 à la fois la chambre des députés et ses services. Le Bundestag avait alors été victime en 2015 d’une cyber-attaque, attribuée au GRU, le renseignement militaire russe. Les hackers s’étaient procurés en parallèle de cette cyber-attaque, selon des médias allemands, des données personnelles sur une messagerie de la chancelière. Selon Mme Merkel, un suspect a été identifié par les enquêteurs dans cette affaire.

Plusieurs affaires diplomatiques tendues entre les deux pays

« Nous nous réservons toujours le droit de prendre des mesures, y compris contre la Russie », a menacé la chancelière, qui a parlé d’un acte « scandaleux ». « C’est toute une stratégie qui est appliquée » par la Russie, dont la « déformation des faits », a poursuivi Angela Merkel. Dans ce contexte, « bien sûr que ce n’est pas facile » de continuer à tenter de bâtir une meilleure relation avec Moscou, a-t-elle ajouté.

La chancelière a aussi évoqué le meurtre à Berlin en 2019 d’un Géorgien d’origine tchétchène auquel sont mêlés, assurent plusieurs médias d’investigations, les services russes. Cette affaire avait déclenché une crise diplomatique entre l’Allemagne et la Russie : deux membres de l’ambassade russe, auquel le gouvernement allemand reprochait de ne pas « coopérer » à l’enquête, avaient dû quitter le territoire allemand le 4 décembre 2019. Le tueur présumé a été interpellé juste après le meurtre mais, a prévenu Mme Merkel, « nous tâchons encore de retrouver » d’éventuels complices.