Coronavirus : Les salons de coiffure et les salles de musculation sont des « activités essentielles », estime Bolsonaro

CONFINEMENT « La santé c’est la vie (…). L’hygiène c’est la vie », a expliqué le président brésilien

20 Minutes avec agences

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Jair Bolsonaro, le 18 mars 2020 à Brasilia.
Jair Bolsonaro, le 18 mars 2020 à Brasilia. — Sergio LIMA / AFP

« S’occuper des ongles, des cheveux, etc., c’est une question d’hygiène ». Jair Bolsonaro ne compte pas fermer les salons de coiffure et de beauté malgré la crise sanitaire. Un décret du président brésilien a inclus ce lundi ces commerces, ainsi que les salles de musculation, dans la liste des « activités essentielles » autorisées dans les Etats et municipalités qui pratiquent le confinement anticoronavirus.

Le décret a été publié dans une édition extraordinaire du Journal Officiel de l’Union. « Je les ai mis aujourd’hui (lundi), parce que la santé c’est la vie, les salles de musculation, les salons de beauté et de coiffure. L’hygiène c’est la vie. Ces trois catégories représentent plus d’un million d’emplois », a expliqué le chef de l’Etat à des journalistes à Brasilia.

Les chiffres de l’épidémie seraient largement en dessous de la réalité

« Celui qui est aujourd’hui à la maison, sédentaire, augmente son taux de cholestérol, le problème de stress, un tas de problèmes. Mais s’il peut aller dans une salle de musculation, évidemment selon les règlements du ministère de la Santé, il aura une vie en meilleure santé. Même chose avec le coiffeur », a-t-il ajouté.

Le président d’extrême droite, qui avait qualifié le Covid-19 de « petite grippe », est vent debout contre les mesures de confinement décidées par les Etats et municipalités, car il les considère ruineuses pour l’économie nationale.

Le coronavirus a fait officiellement plus de 11.000 morts et contaminé près de 170.000 personnes au Brésil, mais des scientifiques estiment ces chiffres largement en dessous de la réalité.

Le ministre de la Santé n’était pas au courant du décret

Interrogé lors d’une conférence de presse, le ministre de la Santé, Nelson Teich, a dit qu’il n’était pas au courant du décret. Il a estimé qu’il s’agissait là d’une « prérogative du président », avant de dire un peu plus tard que cela relevait du ministère de l’Economie, mais en tout cas pas du sien.

Le décret inclut également des activités industrielles et de construction civile. Il pourrait cependant rester lettre morte, puisque la Cour suprême a affirmé le mois dernier que les gouverneurs et les maires avaient la haute main pour décider des mesures de lutte contre l’épidémie.

Le maire de Sao Paulo s’élève contre l’exécutif

Le maire de Sao Paulo, Joao Doria, a assuré lundi qu’une partie des activités industrielles et de construction civile a continué à fonctionner dans son Etat, le plus populeux et riche du pays, alors que le confinement y a été imposé le 24 mars.

« L’ennemi de l’économie n’est pas le confinement, c’est le virus », a déclaré l’élu, en répétant qu’il ne céderait pas aux pressions de l’exécutif.