Les rumeurs de coup d'Etat courent dans Bangkok

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Les dirigeants de l'Alliance du peuple pour la démocratie ont décidé hier de délocaliser leur quartier général qui, après de nombreuses attaques, était devenu trop dangereux. Ils vont utiliser leur nouvelle « prise de guerre », c'est-à-dire l'aéroport de Suvarnabhumi, occupé depuis une semaine, pour continuer leur mouvement d'opposition au Premier ministre thaïlandais.

Le blocage de cet aéroport est bien plus efficace que le siège du gouvernement car il donne une résonance internationale aux combats des « chemises jaunes ». En revanche, les pertes abyssales qu'occasionnent la fermeture de ce site, ainsi que celle du second aéroport de Bangkok, provoquent l'ire des entrepreneurs et professionnels du tourisme. Réfugié dans le nord du pays, les jours du Premier ministre, Somchai Wongsawat, semblent désormais comptés. Dans les rues de la capitale, les rumeurs de coup d'Etat persistent.

Et, de fait, la Cour constitutionnelle s'apprête aujourd'hui à auditionner les responsables des partis politiques à la tête de la coalition gouvernementale. Si elle établit que des fraudes électorales ont émaillé les élections de décembre 2007, le gouvernement pourrait être contraint à démissionner. Une sortie de crise pour le pays ? La Thaïlande ne sera néanmoins plus la même aux yeux du monde. Officiellement démocratique depuis 1992 seulement, elle aura montré combien elle avait du mal à assimiler les subtilités de ce régime.

A Bangkok, Frédéric Belge