Attentats de Bombay: le gouvernement indien était au courant de la menace

INDE Des mises en garde qui n'avaient pas été écoutées par le gouvernement...

MD avec agence

— 

Les forces de sécurité indiennes ont mis fin samedi à Bombay à deux jours et demi d'attaques déclenchées par une dizaine d'assaillants qui ont fait au moins 172 morts et près de 300 blessés, selon un dernier bilan.
Les forces de sécurité indiennes ont mis fin samedi à Bombay à deux jours et demi d'attaques déclenchées par une dizaine d'assaillants qui ont fait au moins 172 morts et près de 300 blessés, selon un dernier bilan. — Pedro Ugarte AFP

Des avertissements des services de renseignement, indiens notamment, sur la préparation d'attentats à Bombay ont été ignorés, a affirmé lundi la presse indienne. Selon le Hindustan Times, les services de renseignements disposaient d'informations précises depuis au moins dix mois concernant la préparation par des militants du groupe Lashkar-e-Taïba, basé au Pakistan, d'une attaque sur des hôtels cinq étoiles de Bombay, la capitale économique de l'Inde.

L'information venait d'un membre du Lashkar arrêté en février dans le nord de l'Inde, selon le Times, qui cite un agent l'ayant interrogé. Selon ce dernier, le membre du Lashkar avait séjourné dans une pension à Bombay à la fin de l'année dernière, et «étudié précisément chaque étage» des hôtels de luxe qui ont été visés par les attaques de la semaine dernière, le Taj Mahal et l'Oberoi/Trident. Il avait aussi révélé que les assaillants viendraient probablement par la mer.

Le conseil de sécurité connaissait la cible


Selon le Times of India, les services de renseignements avaient prévenu le Conseil de sécurité nationale indien en septembre que l'hôtel Taj Mahal pourrait être une cible et le 12 novembre qu'une attaque viendrait de la mer.

Citant des sources du RAW, le renseignement militaire indien, le Times indique que des conversations téléphoniques interceptées, dans lesquelles on entendait le chef du Lashkar-e-Taïba dire que «le cargo est en route», avaient été transmises à la marine et aux garde-côtes le 18 novembre.

Islamabad, pointé du doigt par New Delhi

Dimanche soir, le vice-ministre de l'Intérieur indien Shakeel Ahmad a affirmé que la totalité des assaillants de Bombay étaient d'origine pakistanaise. «Nous allons coopérer à l'enquête et nous allons nous assurer d'attraper ces types s'ils ont le moindre lien avec nous», a assuré Husain Haqqani, ambassadeur du pakistan à Washington, dans une autre interview à CNN.

>> A lire également, notre dossier spécial sur les attentats de Bombay, cliquez ici!

Les Pakistanais «de tout cœur» avec les Indiens

Les attaques de Bombay ont fait au moins 172 morts. L'enquête s'oriente de plus en plus vers un groupe islamiste basé au Pakistan et actif au Cachemire. Le groupe islamiste Lashkar-e-Taïba, l'un des mouvements islamistes clandestins pakistanais qui luttent contre l'«occupation» indienne du Cachemire et les persécutions que subit selon eux la minorité musulmane d'Inde, serait suspecté.

«Tous les extrémistes veulent que l'Inde et le Pakistan se jettent à la gorge l'un de l'autre, pour pouvoir prospérer», a-t-il souligné, assurant que «les Pakistanais étaient de tout coeur avec les habitants de Bombay.» Inde et Pakistan «avons eu des problèmes dans le passé, mais cela ne signifie pas que nous allons continuer à avoir une vision négative l'un de l'autre dans l'avenir», a-t-il estimé.

Une nouvelle démission

De son côté, le chef du gouvernement local de l'Etat indien de Maharashtra, où se trouve Bombay, a présenté sa démission lundi, cinq jours après les attentats. «J'ai proposé de démissionner», a déclaré lundi Vilasrao Deshmukh.

«Si la responsabilité d'empêcher les attentats incombe au chef du gouvernement de l'Etat, je m'en irai. La décision finale appartient aux instances supérieures», a-t-il précisé faisant allusion à la direction du parti du Congrès au pouvoir. Le ministre indien de l'Intérieur et le conseiller à la sécurité nationale ont, quant à eux, démissionné dimanche.