Coronavirus à Monaco : Grand Prix, hôtellerie… La principauté fait face à des « conséquences économiques sans précédent »

SUR LE ROCHER Le pays, qui va amorcer son déconfinement à partir de lundi, voit son économie fortement impactée

Fabien Binacchi

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La principauté de Monaco
La principauté de Monaco — SYSPEO/SIPA
  • Dans la Principauté, la crise du coronavirus a notamment provoqué l’annulation du Grand Prix de Formule 1 et du tournoi de tennis Masters 1000 de Monte-Carlo.
  • L’économie du pays est très impactée avec un budget pour 2020 en déficit de près de 500 millions d’euros.

Lundi 4 mai, avec une semaine d’avance, a priori, sur la France, la principauté de Monaco devrait amorcer son déconfinement. Une étape qui promet d’être lente et graduelle dans le pays qui va devoir gérer « des conséquences économiques sans précédent » avec la crise du nouveau coronavirus, a décrit  le prince Albert-II de Monaco.

Le Rocher, contraint de se passer cette année de son Grand Prix, du tournoi de tennis de Monte-Carlo ou encore d’une partie de sa très lucrative industrie hôtelière, a déjà prévu un budget en déficit de 477 millions d’euros pour 2020.

350 millions d’euros d’excédents de dépenses sur trois mois

« La gravité de la situation impose une gestion financière rigoureuse accrue », avait indiqué le cabinet du prince dès la semaine dernière. Et, pour faire face, des « efforts importants notamment aux fins d’une diminution globale des dépenses de l’Etat » ont été annoncés avec une baisse de dépenses de fonctionnement du palais princier de près de 40 %.

Le prince Albert II de Monaco
Le prince Albert II de Monaco - Dennis Van Tine/STAR MAX/IPx/AP/

Le coût direct de la pandémie a déjà été estimé à 500 millions d’euros, correspondant « au financement des mesures exceptionnelles de soutien nécessaires en faveur des acteurs de l’économie ». Un coût incroyablement important pour Monaco. « Dans un pays où le budget est généralement voté à l’équilibre, où le dernier épisode déficitaire remonte à la période 2009-2011 suite à la crise mondiale [avec 200 millions d’euros répartis sur trois ans], on parle ici de près de 350 millions d’euros d’excédents de dépenses sur trois mois », pointe le ministre des Finances et de l’Economie Jean Castellini.

Des annulations qui vont peser sur le long terme

Mais l’impact global, encore difficile à quantifier, sera plus important sur le long terme. L’annulation du Grand Prix de Monaco, traditionnellement organisé en mai, est par exemple un vrai coup dur pour l’économie locale. Selon une étude de l’Imsee, l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques, l’événement, qui représente 1,5 % du PIB, induit d’habitude près de 100 millions d’euros de retombées. Cette annulation, comme celle du Masters 1000 de Monte-Carlo, c’est « un impact économique qui est énorme » a jugé le prince souverain dans une interview à L'Equipe.

En 2017, le secteur de l’hôtellerie et celui de la restauration engrangeaient chacun plus de 18 millions d’euros pendant les quatre jours de la fête de la F1. Un manque à gagner qui va peser dans cette industrie qui représentait, toujours en 2017, une manne financière de 366,9 millions d’euros. Et qui sera, certainement pendant de long mois, encore impactée.

Si les hôtels n’ont pas eu l’obligation de fermer, leur activité est toujours fortement réduite. Pour les cafés et restaurants, interdits d’accès, il faudra attendre encore au moins début juin, selon le plan de déconfinement présenté mardi soir par les autorités monégasques. Ce même plan ne prévoit pas non plus de réouverture des casinos, cinémas, plages et piscines, des salles de sport et activités sportives avant cette même date.

« Favoriser l’économie locale au moment de la reprise »

Les commerces, en revanche, pourront rouvrir dès lundi, à condition de respecter une jauge limite de quatre personnes par mètre carré. Les chantiers pourront également reprendre, de même que l’utilisation des hélicoptères privés et les sorties en bateau à la journée. De quoi relancer, au moins en partie, un peu l’activité. Mais dans tous les cas, avec cette crise sanitaire mondiale, la Principauté de Monaco va devoir composer avec à une « nouvelle donne budgétaire », selon le gouvernement princier.

Et, pour faire face, plusieurs pistes ont été lancées par le ministre des Finances et de l’Economie. Jean Castellini propose « d’envisager de nouvelles recettes pour l’Etat dans le domaine de l’économie numérique, dans la forte relance attendue du secteur du tourisme » et également de « favoriser l’économie locale au moment de la reprise ».

Au total, Monaco a dénombré à ce jour 94 cas de Covid-19 et seulement quatre décès, dont un seul résident. Le prince Albert II a contracté le virus et est depuis guéri.