Rendez-vous climatique en Pologne

Armelle Le Goff - ©2008 20 minutes

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Le thermomètre du monde est à Poznan, à compter d'aujourd'hui et jusqu'au 12 décembre. Objectif : jeter les bases d'un futur accord visant à juguler le réchauffement climatique. Le temps presse, la conférence de Copenhague, qui doit accoucher du traité qui remplacera Kyoto à partir de 2012, se tient l'année prochaine. D'ici là, la communauté internationale doit absolument se mettre d'accord sur les grandes lignes d'un nouveau texte.

A Poznan, une attention particulière sera portée aux pays de l'Union européenne (UE) dont la communauté internationale espère une position commune dans la perspective de Copenhague. En voulant montrer l'exemple, l'UE s'est fixé des objectifs ambitieux : réduire de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2020 par rapport à 1990, porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation et faire 20 % d'économies d'énergie. Mais, certains pays comme la Pologne, rechignent à les ratifier. Le risque est donc d'aboutir à un accord a minima.

La bonne nouvelle en revanche, c'est que les Etats-Unis seront pour la dernière fois représentés par l'équipe Bush, profondément hostile à tout engagement chiffré sur le climat. A l'inverse, le nouvel élu Barack Obama a déjà promis de réduire les émissions de GES à leur niveau de 1990 d'ici à 2020. Même s'il faudra du temps à son administration pour définir ses positions, ce changement de politique augure d'une nouvelle ère à l'échelle internationale. Autre enjeu de Poznan, la position de la Chine ou de l'Inde. Les deux géants asiatiques (qui ont vu leur émissions s'envoler ces dernières années) devraient demander l'appui financier des pays industrialisés pour les aider à combattre le réchauffement climatique, sans pour autant s'engager sur des réductions d'émissions. La Chine est désormais le premier pollueur de la planète devant les Etats-Unis, et l'Inde compte parmi les cinq premiers.