Canada : L’auteur de la tuerie de Portapique qui a fait 22 morts a d’abord agressé sa compagne

FAITS DIVERS C’est la pire tuerie de l’histoire du Canada

F.H. avec AFP

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Une jeune femme rend hommage aux 22 victimes de la tuerie de Portapique au Canada. (illustration)
Une jeune femme rend hommage aux 22 victimes de la tuerie de Portapique au Canada. (illustration) — Andrew Vaughan/AP/SIPA

Avant de tuer 22 personnes, Gabriel Wortman a agressé violemment sa conjointe. La semaine dernière, ce prothésiste dentaire de 51 ans a perpétré la pire tuerie de l’histoire du  Canada. Cette agression pourrait avoir servi de « catalyseur » pour les 22 meurtres sordides qui ont suivi, a indiqué vendredi la police fédérale canadienne.

Un responsable de la Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale), Darren Campbell, a fourni une chronologie de la vaste chasse à l'homme qui s’est alors enclenchée samedi soir en Nouvelle-Ecosse, dans l’est du pays, et qui a connu son dénouement treize heures plus tard lorsque le suspect a été abattu. Ses motivations restent à ce jour un mystère, a-t-il dit.

Il était vêtu d’un uniforme de la Gendarmerie royale

Darren Campbell a toutefois ajouté que l’agression samedi soir par le tueur de sa conjointe, qui a réussi à s’échapper et à passer la nuit cachée dans les bois, « pourrait très bien avoir été le catalyseur de cette chaîne d’événements ». C’est cette femme qui a informé la police dimanche matin que le suspect portait un uniforme de la Gendarmerie royale et qu’il se déplaçait à bord d’une réplique de voiture de patrouille. Le fait que la femme ait réussi à s’enfuir après avoir été violemment « attaquée » a peut-être enragé le tueur, a laissé entendre le policier.

Elle « avait des informations clé pour nous permettre de mieux comprendre » qui était le suspect, a souligné Darren Campbell. Le tireur venait alors de tuer 13 personnes par balle et en mettant le feu à des maisons dans le petit village de Portapique, sur les rives de la baie de Fundy.

Il avait un « avantage » sur les forces de l’ordre

La police a aussitôt établi un périmètre de 4 km carrés autour du village pour tenter de contenir le suspect. Celui-ci aurait réussi à prendre le large et poursuivre sa cavale meurtrière en roulant dans un champ ou en franchissant incognito un barrage, déguisé en policier et au volant de sa réplique de voiture de la GRC. Cela « a évidemment compliqué les choses » et donné au suspect un « avantage » sur la police et « toute personne qu’il a croisée sur son passage ».

C’est ainsi qu’il a continué de semer la mort dans quatre autres villages de cette région à une centaine de kilomètres au nord de Halifax. Et qu’il a leurré et blessé un policier lancé à ses trousses et en a abattu une autre de sang froid et au terme d’une collision frontale.

Le tueur surpris par un commando tactique de la GRC

L’enquête a jusqu’ici permis de découvrir où le meurtrier s’était procuré les gyrophares montés sur sa voiture, et d’obtenir des indices sur les autocollants qui l’ornaient. Il avait plusieurs armes en sa possession, achetées au Canada et aux Etats-Unis. Il s’était également emparé de l’arme de service et des chargeurs du policier abattu.

La chasse à l’homme a connu son dénouement peu de temps après lorsque le meurtrier s’est arrêté pour refaire le plein dans une station-service. Il a été surpris par un commando tactique de la GRC. « Lorsque l’agent est sorti de sa voiture, un affrontement a éclaté et le tueur et a été abattu par la police à 11h26 », a expliqué Darren Campbell.