Coronavirus : Le maire d’Osaka critiqué après ses propos sur les femmes et les courses

POLEMIQUE Selon Ichiro Matsui, les hommes devraient en priorité aller au supermarché, car les femmes y perdent trop de temps

20 Minutes avec AFP

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Le maire d'Osaka (Japon), Ichiro Matsui, lors d'une conférence de presse en 2017.
Le maire d'Osaka (Japon), Ichiro Matsui, lors d'une conférence de presse en 2017. — DELETREE/SIPA

C’est une analyse toute personnelle que le maire d’Osaka, troisième ville du Japon, a récemment délivrée en pleine crise du coronavirus. Depuis l’application de l’état d’urgence ces dernières semaines dans l’Archipel, les autorités recommandent aux habitants de faire leurs courses moins fréquemment et d’éviter d’y aller à plusieurs, pour limiter au maximum les contacts rapprochés.

Or l’édile, Ichiro Matsui, a estimé jeudi que ce sont les hommes qui devraient faire les courses, parce que les femmes « prennent du temps quand elles regardent les produits, et elles hésitent entre ceci et cela », selon des propos rapportés par l’agence de presse Kyodo. « Les hommes foncent sur les articles qu’on leur a demandé [d’acheter] et ils s’en vont, donc je pense que ce serait une bonne chose qu’ils fassent les courses, pour éviter les contacts humains », a ajouté l’élu.

Débats sur les réseaux sociaux

Ichiro Matsui, 56 ans, a certes admis ensuite que son analyse pouvait sembler désuète, mais il a affirmé qu’elle se vérifiait dans sa propre famille. Et il a déclenché de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Ses remarques sont « pleines de préjugés sur les femmes », a ainsi dénoncé un utilisateur de Twitter, ajoutant qu’il y a des femmes « promptes » à la décision comme des hommes « indécis ». « Est-ce qu’il croit que [les clients] aiment prendre leur temps ? Ils pensent aux menus et aux prix », a écrit un autre.

Mais d’autres internautes approuvent les propos du maire. « C’est vrai. Les femmes âgées en particulier sont toujours en train de bavarder, sans se soucier des courses », a notamment écrit un internaute.

Le Japon pas exemplaire

Cette polémique intervient dans une société nippone qui conserve une représentation traditionnelle des rapports hommes-femmes. Ces dernières sont en effet majoritairement vues comme responsables des tâches ménagères et de l’éducation des enfants, quand bien même elles exercent une activité professionnelle.

Le Japon était classé 121e sur 153 pays dans l’indice 2020 des inégalités entre les sexes du Forum économique mondial.