Coronavirus en Europe : Les sanctuaires pour animaux sont en difficulté financière

CRISE Du parc de Libearty en Roumanie à celui d’Arcturos en Grèce, les sanctuaires d’animaux sauvages en Europe privés de visiteurs paient à leur tour le prix du confinement censé endiguer la pandémie de Covid-19

20 Minutes avec agences
Un ours brun. Illustration.
Un ours brun. Illustration. — Bret Charman / Shutterstock / Sipa

L’association AMP (Millions d’amis) qui gère le site de Libearty, en Roumanie, ne parvient qu’avec difficulté à nourrir la centaine d’ours en captivité sur les 69 hectares situés en Transylvanie, près de la ville de Zarnesti. « Les tickets et souvenirs représentent environ un tiers de notre recette annuelle », explique Cristina Lapis, la fondatrice et présidente de la structure.

Elle rappelle que « les ours ont besoin de deux tonnes de nourriture par jour, un coût difficile à couvrir ces derniers temps » et espère que « le confinement sera terminé début mai afin d’accueillir de nouveau des visiteurs ». À Tirana, en Albanie, le personnel du zoo s’active également 24 heures sur 24 pour nourrir les animaux, et notamment quatre ours, confie son directeur Luli Shehaj. Les mesures de confinement prises par les gouvernements en mars sont arrivées au pire moment possible surtout pour les parcs abritant des ours, puisque ces derniers venaient juste de terminer leur hibernation.

« Un choc économique »

Pour l’association Arcturos, en charge d’un sanctuaire dans le nord de la Grèce, ce confinement représente « un choc économique », d’après son porte-parole Panos Stefanou. Le site accueille actuellement 24 ours, 12 loups, 25 chiens de berger et un cerf près du Mont Vitsi, à quelque 600 km au nord-ouest d’Athènes, et attire normalement des milliers de visiteurs chaque mois à partir de mars.

« Nous avons de quoi tenir jusqu’à fin avril », affirme Panos Stefanou soulignant que les dépenses mensuelles du refuge s’élèvent à 43.000 euros, dont 12.000 pour nourrir les animaux. Deux des animaux – un ours mâle et une louve – sont blessés et demandent des soins supplémentaires. Un appel aux dons lancé le 26 mars a permis de couvrir les dépenses pour deux semaines, note cette ONG dont le site est dans une zone Natura 2000 – un réseau de sites naturels préservés de l’Union européenne.

Une possible perte de 180.000 euros

« Nous allons lancer de nouveaux appels aux donateurs et sponsors, assure Panos Stefanou. Mais si le confinement se poursuit jusqu’à fin mai, l’association aura subi une perte de 180.000 euros », déplore-t-il. Arcturos déploie des campagnes de sensibilisation, dispense des soins vétérinaires et s’efforce de réintégrer des animaux sauvages dans la nature. Des loups et des ours des Balkans trouvent refuge dans ce sanctuaire mais également de grands prédateurs venus d’Autriche ou de Géorgie.

Toutefois, la faune sauvage semble bien bénéficier de la quiétude retrouvée ces dernières semaines. Certains animaux en ont même profité pour réinvestir les villes désertées par les hommes.