Coronavirus : Après le confinement, un test et un vaccin vont-ils être obligatoires pour obtenir un visa Schengen ?

FAKE OFF Sur les réseaux sociaux, la mise en place supposée d’un test de dépistage du Covid-19 et d’une vaccination obligatoire pour obtenir un visa Schengen suscite de nombreuses réactions

Béatrice Colin

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Un visa est obligatoire pour rentrer dans l'espace Schengen pour les voyageurs non-ressortissants.
Un visa est obligatoire pour rentrer dans l'espace Schengen pour les voyageurs non-ressortissants. — ALLILI MOURAD/SIPA
  • Un site avance que la Commission européenne envisagerait de mettre en place un dépistage du Covid-19 et une vaccination obligatoire pour les demandes de visa d’entrée dans l’espace Schengen.
  • Pour l’heure, aucun dépistage n’est obligatoire et aucun vaccin disponible.
  • Mais de nouvelles restrictions existent bien depuis le début de la pandémie et la fermeture des frontières. L’état de santé du demandeur peut être un motif de refus d'entrée dans l'espace Schengen.

Les images des contrôles de fièvre des visiteurs étrangers à leur descente d’avion dans certains aéroports ont fait le tour du monde au début de l'épidémie de coronavirus. Selon certains sites, il faudrait demain aller bien plus loin qu’un simple relevé de températures pour pouvoir mettre un pied en Europe lorsqu’on n’est pas un ressortissant de l'espace Schengen.

De nombreuses pages Facebook relaient ces dernières heures un article publié par  Schengenvisainfo et intitulé « Les résultats du test Covid-19 et les vaccinations pourraient être nécessaires pour une demande de visa Schengen ». Ce site commercial, sans aucun lien avec l’exécutif européen, prétend rapporter les propos anonymes d’un responsable de la Commission européenne.

Selon les dires de ce dernier, lors de la réouverture des frontières de l’espace Schengen, tout demandeur de visa pourrait devoir se soumettre à un test de coronavirus qui devra se révéler négatif. Ce dépistage devra être « effectué au cours des deux dernières semaines avant la demande de visa ». Et lorsqu’un vaccin sera mis au point, il faudra pouvoir produire un certificat de vaccination en bonne et due forme, poursuit cette même source.

De quoi susciter de nombreuses réactions. Pour certains, l’idée même de rendre obligatoire un vaccin qui n’existe pas encore voudrait dire… qu’il existe déjà quelque part et qu’on nous cache la vérité.

FAKE OFF

Il y a un mois, pour limiter la propagation du coronavirus, les frontières extérieures de l’espace Schengen ont bien été fermées pour une durée d’au moins trente jours. Une décision prorogée jusqu’à mi-mai et qui pourrait perdurer jusqu’en septembre. C’est en tout cas l’hypothèse qu’aurait avancé vendredi dernier Emmanuel Macron lors d’un entretien en visioconférence avec les partenaires sociaux, selon une information de BFMTV.

Pour l’heure, la question d’une éventuelle vaccination obligatoire n’a pas été évoquée par la Commission européenne, aucun vaccin n’ayant encore été mis au point. Il convient en outre de souligner qu’à l’heure actuelle, la politique vaccinale est fixée par chaque Etat membre. Par exemple, seuls treize pays avaient choisi, fin 2017, de rendre au moins un vaccin obligatoire pour les nourrissons.

L’Etat de santé, déjà un critère de refus

La question de l’état de santé des personnes voulant entrer dans l’espace Schengen a par contre bien fait l’objet de préconisations de la part de l’exécutif européen.

Si aucune décision spécifique sur les conditions d’entrée dans Schengen lorsque les frontières seront rouvertes n’a été prise, les règles prévoient d’ores et déjà que les étrangers admis sur le territoire européen ne doivent pas « présenter de menace pour la santé publique ». C’est l’un des points évoqués dans les restrictions des déplacements non essentiels vers l’Union européenne. L’état de santé des ressortissants étrangers est en effet un des critères de refus, tout comme le fait qu’ils aient côtoyé un malade récemment.

«La restriction des déplacements non essentiels vers l'UE s’applique aux ressortissants de pays tiers non-résidents qui présentent des symptômes pertinents ou ont été particulièrement exposés à un risque d’infection et qui sont considérés comme représentant une menace pour la santé publique, indique ainsi la Commission. Toute décision de refus d’entrée doit être proportionnée et non discriminatoire. Pour déterminer si un voyageur représente un tel risque, les garde-frontières sont invités à consulter les lignes directrices du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. » Mais aucun test de dépistage n’est demandé pour autant.

Des mesures de restriction qui vont continuer à s’appliquer, et ne devraient être levées que dans un deuxième temps lorsque déconfinement s’amorcera, « en tenant compte de la propagation du virus en dehors de l’Union européenne », précise un porte-parole de la Commission.