Dans une lettre ouverte, le pape François se prononce pour un revenu universel de base

TRAVAIL Un salaire de base universel « reconnaîtrait et honorerait le travail essentiel et noble » des travailleurs les plus modestes « invisibles dans le système », a écrit le souverain pontife

20 Minutes avec agence

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Le pape François dans la basilique Saint Pierre, au Vatican, le 12 avril 2020, pour la messe du dimanche de Pâques.
Le pape François dans la basilique Saint Pierre, au Vatican, le 12 avril 2020, pour la messe du dimanche de Pâques. — Andreas Solaro/AP/SIPA

Le pape François s’est prononcé en faveur d’un « salaire de base universel », dans une lettre rédigée pour ce dimanche de Pâques et relayée par le Huffington Post. Ce dispositif « assurerait et rendrait concret cet idéal, à la fois humain et chrétien, qu’aucun travailleur ne doit être privé de droits », a écrit le souverain pontife. Le courrier est adressé à « nos frères et sœurs des mouvements et organisations populaires ».

« Vous ne recevez presque jamais la reconnaissance que vous méritez car vous être totalement invisibles dans le système », estime le chef de l’Église catholique. Il évoque « les vendeurs des rues, les ferrailleurs, les forains, les petits agriculteurs, les ouvriers du bâtiment, les couturiers, les différents soignants ». Pour le souverain pontife, un tel revenu « reconnaîtrait et honorerait le travail essentiel et noble » effectué par ces travailleurs.

La « fin à l’idolâtrie de l’argent »

Le pape explique que leur travail est d’autant plus important pendant la « période de danger » que représente la crise sanitaire mondiale liée au coronavirus. « Si la lutte contre le Covid-19 est une guerre, alors vous y êtes réellement une armée invisible combattant dans les tranchées les plus dangereuses, analyse le souverain pontife. Une armée dont les seules armes sont la solidarité, l’espoir et l’esprit de communauté ».

« Vous êtes les bâtisseurs indispensables de ce changement qu’on ne peut désormais plus remettre à plus tard », affirme l’évêque de Rome, qui enjoint de réfléchir dès maintenant à « la vie après la pandémie ». Il dit espérer que cette dernière sera marquée par « une conversion humaniste et écologique qui met [tra] fin à l’idolâtrie de l’argent et met [tra] la vie humaine et la dignité à une place centrale ».