Ethiopie : Des criquets ravagent les terres agricoles et plongent un million d’habitants dans une crise alimentaire

AGRICULTURE Des criquets pèlerins ont dévasté les plantations de sorgho, maïs et blé, et limité l’étendue disponible de pâturages

20 Minutes avec agences

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Des criquets faisant partie d'un immense essaim, capturés ici au Kenya début février 2020.
Des criquets faisant partie d'un immense essaim, capturés ici au Kenya début février 2020. — Ben Curtis/AP/SIPA

Les criquets pèlerins ont ravagé près de 200.000 hectares de terres agricoles en Ethiopie. Un million de personnes ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence. Ces chiffres résultent d’une étude conjointe entre l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le gouvernement éthiopien. Ils sont publiés au moment où l’Afrique de l’Est se prépare à l’arrivée de nouveaux essaims qui pourraient s’avérer encore plus destructeurs.

Plantations de sorgho, maïs et blé dévastées

Apparus avec les pluies abondantes des derniers mois, des milliards de criquets pèlerins se sont abattus sur la région, causant d’immenses dégâts en Ethiopie, en Somalie, au Kenya, à Djibouti, en Erythrée, en Tanzanie, au Soudan, au Soudan du Sud et en Ouganda.

En Ethiopie, ces insectes ont dévasté les plantations de sorgho, maïs et blé, et limité l’étendue disponible de pâturages, a indiqué ce lundi la FAO. Quelque 75 % des Éthiopiens ayant besoin d’une aide alimentaire d’urgence vivent dans les régions Somali (est) et Oromia (centre et sud).

Une situation aggravée par le coronavirus

Les efforts pour endiguer la catastrophe, notamment avec l’envoi de denrées alimentaires ou d’argent liquide aux agriculteurs et éleveurs, risquent en outre d’être compliqués par la pandémie de coronavirus, selon la représentante de la FAO en Ethiopie, Fatouma Seid. « Alors que nous nous efforçons de contrôler les criquets pèlerins, il est capital de protéger les moyens de subsistance des populations affectées, d’autant plus maintenant que la situation est aggravée par la crise du Covid-19 », a-t-elle déclaré.

L’Éthiopie n’a officiellement enregistré que 74 cas mais le pays a procédé à très peu de tests. Les experts craignent que son système de santé soit rapidement submergé en cas d’afflux de malades.