Israël : Le sprint de Benjamin Netanyahou et Benny Gantz pour enfin former un gouvernement

POLITIQUE Après plusieurs essais, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et son ex-rival Benny Gantz ont jusqu’à mercredi soir pour former un gouvernement

20 Minutes avec AFP
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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ex-rival Benny Gantz doivent former un gouvernement d'ici mercredi soir.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ex-rival Benny Gantz doivent former un gouvernement d'ici mercredi soir. — SIPA/AP

Vont-ils mettre fin à la plus longue crise politique d'Israël en pleine pandémie de coronavirus ? Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et son ex-rival Benny Gantz mènent un dernier sprint de pourparlers, ce mardi, pour former un gouvernement d’union d’ici mercredi soir.

Après 16 mois de gouvernement de transition, Benjamin Netanyahou et Benny Gantz se sont rencontrés lundi soir peu avant l’échéance du mandat de ce dernier pour tenter de former enfin un gouvernement stable.

Des « progrès significatifs » dans leurs pourparlers

Sur les coups de minuit, le mandat de Gantz a expiré sans nouveau gouvernement. D’un coup de baguette magique, et à la demande des deux chefs de partis, le président Reuven Rivlin leur a alors octroyé in extremis une prolongation de 48 heures supplémentaires, jusqu’à mercredi soir minuit (23 heures, heure française), pour s’entendre enfin sur un gouvernement. Dans la nuit, les deux camps ont fait état de « progrès significatifs » dans leurs pourparlers pour former un gouvernement « d’union nationale et d’urgence » afin d’affronter la pandémie de nouveau coronavirus qui a contaminé dans le pays plus de 11.000 personnes, dont 117 sont décédées.

Mardi matin, Benjamin Netanyahou et Benny Gantz sont à pied d’œuvre avec leurs négociateurs respectifs pour pouvoir annoncer la formation d’un gouvernement, au dernier jour de Pessah (la Pâque juive) célébrant, selon la tradition, l’exode et la libération des Hébreux d’Egypte après avoir échappé à l’esclavage et aux dix plaies qui se sont abattues sur les Egyptiens.

Le geste de Benny Gantz

Benny Gantz, ancien général devenu chef de la formation centriste Kahol Lavan (Bleu-Blanc, les couleurs du drapeau israélien), avait obtenu le mandat de former le gouvernement à l'issue des législatives du 2 mars, les troisièmes en moins d’un an, qui devaient en théorie départager enfin les deux candidats. Et pour tenter de faire bouger les lignes, Benny Gantz avait mis de l’eau dans son vin en renonçant, à court terme du moins, à son projet de devenir Premier ministre et en consentant à former un gouvernement mené par Benjamin Netanyahu.

Ce pas de Gantz vers Netanyahu a toutefois favorisé l’implosion de sa propre formation politique, Bleu-Blanc, dont des ténors sont restés abasourdis par la décision de l’ex-général de rendre, selon eux, les armes pour pactiser avec leurs ennemis politiques. « La situation d’urgence m’a forcé à renoncer à mon engagement selon lequel je ne siégerai pas dans un gouvernement dirigé par Netanyahu », a déclaré lundi soir Benny Gantz dans une allocution télévisée.

Des tensions entre les deux camps

Former un gouvernement implique de distribuer les portefeuilles ministériels et de dicter une ligne politique à suivre pour les mois, sinon les années à venir. A ce titre, les dernières semaines ont montré des tensions entre les camps de Benjamin Netanyahou et Benjamin Gantz sur le choix du futur ministre de la Justice, aux commandes pendant le procès pour corruption du Premier ministre, par ailleurs repoussé en raison de la pandémie.

Des désaccords existent aussi sur la nomination d’un ministre de la Défense – Benny Gantz et son acolyte Gaby Ashkenazi étant d’anciens chefs d’état-major de l’armée – ainsi que sur le projet d’annexion de la Vallée du Jourdain, en Cisjordanie occupée. Et une question s’impose dans la tête d’un nombre important de commentateurs : Benjamin Netanyahou veut-il vraiment partager le pouvoir avec l’équipe de Benny Gantz ? Benjamin Netanyahou pourrait jouer l’attentisme afin de provoquer une quatrième élection, dirigeant entre-temps le pays à sa guise et surfant de surcroît sur des sondages d’opinion très favorables, plébiscitant sa gestion de la pandémie.