Coronavirus : L'expert en chef américain évoque un possible début de déconfinement en mai

ETATS-UNIS Donald Trump prône un redémarrage de l’activité le plus vite possible, alors que les licenciements ont explosé avec 17 millions de salariés inscrits aux allocations chômage

20 Minutes avec AFP

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Le Dr Anthony Fauci, expert en chef de la Maison Blanche
Le Dr Anthony Fauci, expert en chef de la Maison Blanche — Kevin Dietsch - Pool via CNP/Newscom/SIPA

L’économie américaine pourrait redémarrer graduellement en mai, a estimé dimanche l’expert en chef de la Maison Blanche Anthony Fauci, tout en restant très prudent alors que la pandémie de coronavirus semble approcher de son pic aux Etats-Unis. Fin mars, le président Donald Trump avait assuré qu’il « adorerait » voir une partie des Etats-Unis sortir du confinement pour les célébrations de Pâques.

Mais, dimanche, le pays restait à l’arrêt et de nombreuses églises étaient désertes en raison des restrictions mises en place pour endiguer l’épidémie qui a fait plus de 20.000 morts. « Nous espérons que d’ici la fin du mois, nous pourrons voir ce qu’il se passe et si des éléments nous permettent de redémarrer prudemment et en sécurité » dans certaines régions du pays, a expliqué sur CNN le docteur Anthony Fauci.

Explosion des licenciements

« S’il y en a, on y va. Sinon, on continue à se calfeutrer », a ajouté le directeur de l’Institut américain des maladies infectieuses, qui représente la communauté scientifique dans le groupe de travail mis en place par Donald Trump pour lutter contre le Covid-19. Décider d’un retour à la normale du pays après la fermeture brutale d’une partie de l’économie, « ce n’est pas comme rallumer une lampe », a-t-il souligné. Donald Trump prône un redémarrage de l’activité le plus vite possible, alors que les licenciements ont explosé avec 17 millions de salariés inscrits aux allocations chômage.

Le locataire de la Maison Blanche doit lancer dans les jours à venir un groupe de travail sur les modalités d’une reprise de la première économie mondiale, même si la décision de mettre fin au confinement revient finalement aux gouverneurs des différents Etats et aux collectivités locales. Anthony Fauci s’est dit optimiste sur un prochain repli de l’épidémie, notamment dans l’Etat de New York, épicentre de la maladie avec plus de 9.000 morts, soit près de la moitié des décès enregistrés dans le pays.

« Optimisme prudent »

« Les admissions, les hospitalisations, les soins intensifs et les intubations ne sont pas seulement stabilisés mais commencent à redescendre », a expliqué le scientifique, voyant « cette baisse avec un optimisme prudent ». Selon le Dr Fauci, la date de reprise sera différente entre les grandes métropoles comme New York et les zones rurales comme l’Arkansas, un Etat du Sud où la population n’est pas confinée et qui ne compte que 27 cas mortels.

Il y a des signes encourageants, a également estimé sur ABC le patron de la Food and Drug Administration (FDA), l’Agence américaine du médicament. « Les modèles montrent que nous sommes très proches du pic » de l’épidémie, a dit Stephen Hahn. Mais la date du 1er mai n’est selon lui qu’un « objectif ». « Je pense qu’il est trop tôt pour dire que nous voyons la lumière au bout du tunnel », a-t-il souligné, reprenant une expression utilisée par Donald Trump.

« Echéance artificielle »

Phil Murphy, le gouverneur du New Jersey, un autre foyer du coronavirus, a assuré sur CBS que la reprise économique devrait aller de pair avec la « pleine récupération du système de santé ». Son homologue du Maryland, Larry Hogan, a mis en garde sur ABC contre une « échéance artificielle » alors que la maladie fait encore des ravages. Et la maire de Washington, la capitale fédérale, s’est dite encore moins convaincue d’une reprise rapide. « Nous n’attendons pas le pic des hospitalisations avant juin », a expliqué Muriel Bowser sur CNN.

Alors que les Etats-Unis sont le pays du monde le plus touché par le coronavirus avec 530.000 cas positifs, Donald Trump, relate le New York Times  dimanche dans un long article, a été très lent à réagir à l’épidémie en n’écoutant pas ses experts qui l’avaient mis en garde dès le début de l’année. Le Dr Fauci, qui a conseillé six présidents américains, a admis que le bilan aurait peut-être pu être moins lourd si les restrictions avaient été mises en place plus rapidement. « Mais à l’époque, il y avait beaucoup de réticences à tout fermer », a-t-il dit sur CNN, évoquant une « décision compliquée ».