Prague : La statue d’un maréchal soviétique controversé est déboulonnée

POLEMIQUE La sculpture de bronze devrait être entreposée avant de faire partie de la collection d’un futur musée pour la mémoire du XXe siècle

20 Minutes avec agences

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Le Théâtre national de Prague est l'un des plus beaux joyaux de cette ville d'art et de culture (photo d'illustration)
Le Théâtre national de Prague est l'un des plus beaux joyaux de cette ville d'art et de culture (photo d'illustration) — Thinkstock

La mairie du sixième arrondissement de Prague a fait enlever de son piédestal la statue du maréchal soviétique Ivan Konev. Elle doit être remplacée par un mémorial de la libération de la capitale tchèque en 1945, ce vendredi matin.

La sculpture de bronze, inaugurée en 1980, va être entreposée dans un dépôt avant de faire partie de la collection d’un futur musée pour la mémoire du XXe siècle dans cette ville, selon le porte-parole de la mairie. La décision de faire disparaître la statue de la voie publique avait été prise par le conseil municipal de l’arrondissement en septembre dernier. Elle avait suscité la polémique ainsi que de vives réactions à Moscou.

Le monument a souvent été vandalisé

Alors qu’Ivan Konev est considéré comme un héros en Russie, de nombreux Tchèques le voient comme un personnage symbolisant l’oppression à l’ère soviétique. Il commanda les troupes de l’Armée rouge qui libérèrent Prague des nazis en 1945, mais il fut également responsable de la brutale répression du soulèvement antisoviétique de 1956 en Hongrie. Mort en 1973, il a aussi joué un rôle dans l’écrasement du Printemps de Prague en 1968.

Le 21 août 2019, le jour anniversaire de l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968, quelqu’un y avait inscrit « Non au maréchal couvert de sang, n’oublions pas ». L’ambassade de Russie à Prague a rapidement diffusé vendredi un communiqué exprimant sa « profonde indignation », dénonçant « le caractère provocateur » de l’action du maire du 6e arrondissement.

Annonçant une protestation auprès du ministère tchèque des Affaires étrangères et une « réaction appropriée de la partie russe », l’ambassade estime que cette « action inamicale » constitue une violation du traité tchéco-russe de 1993 qui oblige la République tchèque à prendre soin des monuments militaires russes sur son territoire. Enfin, elle dit recevoir des réactions de nombreux citoyens tchèques dénonçant un acte de « vandalisme municipal ».