Royaume-Uni : Le centriste Keir Starmer succède à Jeremy Corbyn comme chef du Parti travailliste

REVIREMENT Il succède au très à gauche Jeremy Corbyn

20 Minutes avec AFP

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Le nouveau leader du Labour britannique, Keir Starmer, lors d'un débats avec ses concurrentes Lisa Nandy et Rebecca Long-Bailey.
Le nouveau leader du Labour britannique, Keir Starmer, lors d'un débats avec ses concurrentes Lisa Nandy et Rebecca Long-Bailey. — Terry Harris/REX/SIPA

Le centriste et europhile Keir Starmer a été élu ce samedi à la tête du Parti travailliste britannique, succédant au radical Jeremy Corbyn avec pour défi de relancer la principale formation d’opposition, affaiblie et divisée, en pleine crise du coronavirus. « Félicitations à@Keir_Starmer, le nouveau chef du Labour », a tweeté le parti en annonçant la victoire de cet ancien avocat de 57 ans et responsable depuis trois ans du Brexit pour les travaillistes, qui faisait figure de favori.

A peine élu samedi, Keir Starmer a présenté ses « excuses » pour l’antisémitisme au sein de sa formation, le principal parti d’opposition britannique. Dans une allocution télévisée diffusée juste après son élection par les membres de son parti, il a déclaré : « Au nom du Labour, je m’excuse », s’engageant à « extirper le poison » de l’antisémitsime, une « tache sur le parti ».

Pas très charismatique

Perçu comme habile mais peu charismatique, Keir Starmer s’est engagé à remettre sur pied le parti et à le conduire à nouveau au pouvoir après sa cinglante défaite aux législatives de décembre dernier face au Premier ministre conservateur Boris Johnson, marquée notamment par la perte de bastions populaires traditionnellement acquis aux travaillistes. Il s’agissait de la seconde défaite électorale pour Jeremy Corbyn depuis son élection surprise à la tête du Labour en 2015 grâce au soutien massif de la base, et la pire depuis 1935.

« Je comprends l’ampleur de la tâche », a assuré Keir Starmer. « Notre mission est de rétablir la confiance dans notre parti », a-t-il poursuivi. « Je mènerai ce grand parti dans une nouvelle ère (…) de manière à ce que, quand le moment viendra, nous puissions de nouveau servir notre pays dans un gouvernement. » Les prochaines élections législatives sont prévues en 2024.

« Il y a vraiment beaucoup de ressentiment et de méfiance », explique Steven Fielding, expert politique à l’université de Nottingham. « Le premier défi (du nouveau chef) sera de mettre une équipe en place qui apparaîtra au moins comme ayant la capacité d’unifier le parti ». Mais la pandémie de nouveau coronavirus, qui profite à la popularité du gouvernement, représente un défi bien plus immédiat.

« En tant que chefs de partis, nous avons le devoir de travailler ensemble en cette période d’urgence nationale », a écrit Boris Johnson publiée samedi sur son compte Twitter. Keir Starmer s’est engagé samedi à collaborer « de manière constructive » avec l’exécutif « dans l’intérêt national », tout en disant qu’il ne manquerait pas de pointer les faiblesses de l’exécutif le cas échéant.