États-Unis : Un site Internet remet en ligne des plans d’impression 3D d’armes à feu

POLÉMIQUE Le site Defcad propose pour moins de 50 euros des milliers de plans d’impression permettant de fabriquer une arme au moyen d’une imprimante 3D

20 Minutes avec agence

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Des armes à feu (photo d'illustration)
Des armes à feu (photo d'illustration) — J.Jacobson/AP/SIPA

La société américaine Defcad a mis à nouveau en ligne des plans pour fabriquer des armes au moyen d’une imprimante 3D, rapporte Slate qui relaye le Wall Street Journal. Pour télécharger ces fichiers, il suffit de payer une redevance de près de 46 euros.

Près de 5.800 plans sont directement accessibles sur le site, que le fondateur Cody Wilson qualifie de « Netflix des armes 3D ». Une majorité de ces plans permettent de fabriquer des pièces d’arme.

Premiers plans en 2013

Ce n’est pas la première fois que des plans d’impression sont mis à disposition en ligne. Dès 2013, Defcad proposait de télécharger ceux du « Liberator », une arme en plastique permettant de tirer un seul coup. Un problème de taille pour les autorités : l’absence de numéro de série empêchait de la tracer.

L’entreprise Defcad a été sommée par le gouvernement américain d’arrêter son offre qui contrevenait au règlement sur le trafic international d’armes (ITAR). Si un Américain peut construire son propre pistolet, aucune arme ne peut cependant être exportée : le téléchargement des plans, possible depuis l’étranger, faisait tomber le site dans l’illégalité.

Vente d’armes interdite à l’étranger

Après une longue bataille judiciaire gagnée par Cody Wilson en 2018, les plans ont de nouveau été publiés en ligne. Mais cette fois-ci, le responsable a pris des mesures pour respecter la loi américaine. Avant de s’inscrire sur le « Netflix des armes 3D », l’utilisateur doit prouver qu’il est un résident américain. Des outils de géolocalisation, de détection de proxy et VPN permettent de s’assurer que c’est le cas, selon le fondateur de Defcad.

Ce genre de filtres de protection n’est toutefois pas satisfaisant. N’importe quel utilisateur qui aura téléchargé un plan est susceptible de le partager ensuite avec n’importe qui sur la toile. Le trafic de plans d’armes existe déjà sur Internet, précise Slate. Certains circulent sur les sites de torrents, les réseaux sociaux ou les forums.