Coronavirus en Chine : Après deux mois de bouclage, des voyageurs regagnent Wuhan

PANDÉMIE Au terme de plusieurs semaines de confinement drastique, des habitants coincés à l’extérieur ont pu regagner la ville

20 Minutes avec AFP
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Des passagers débarquent à la gare de Wuhan, pour la première fois depuis deux mois, le 28 mars 2020.
Des passagers débarquent à la gare de Wuhan, pour la première fois depuis deux mois, le 28 mars 2020. — AFP

Ils ont été accueillis par du personnel en combinaison intégrale. Des premiers passagers ont, pour la première fois depuis le début du confinement, pu rejoindre Wuhan ce samedi. Très symboliquement, un train de voyageurs autorisé s’est arrêté peu après minuit à la gare de cette ville chinoise, en isolement quasi total depuis deux mois. L’image a fait le tour des médias locaux.

A bord, plusieurs dizaines d’habitants piégés depuis fin janvier à l’extérieur de Wuhan quand les autorités ont décrété une quarantaine pour tenter d’enrayer l’épidémie. « Avec ma fille, on était tout excitées quand le train s’est approché » de la ville, sourit une femme de 36 ans qui n’a pas souhaité donner son nom. Du fait du bouclage, cela faisait dix semaines qu’elle n’avait pas vu son mari. Une éternité pour sa fille, a-t-elle expliqué à l’Agence France-Presse (AFP).

Passés au peigne fin

Jusque-là, nul ne pouvait entrer dans la ville, à l’exception du personnel médical et des personnes chargées d’acheminer des biens de première nécessité. Depuis mercredi, les autorités lèvent progressivement les restrictions. La réouverture n’est cependant que partielle. Les habitants devront encore patienter jusqu’au 8 avril pour pouvoir quitter Wuhan.

Et dans l’autre sens, les nouveaux arrivants sont passés au peigne fin : prise de température, contrôle d’identité et questions sur leurs précédents déplacements. Ils doivent aussi présenter sur leur téléphone un code QR qui fait office de laissez-passer et qui atteste qu’ils sont « sains ».

Ces formalités s’effectuent devant du personnel portant masques, lunettes de protection et combinaisons intégrales. Certains arrivants ont été vus avec un double masque sur le visage tandis que d’autres portaient des gants.

Zone à « faible risque »

Les premiers cas de coronavirus sont apparus en décembre à Wuhan. Et la ville paye un lourd tribut pour cette épidémie, avec plus de 50.000 personnes contaminées et plus de décès que tout autre ville en Chine (2.538). Samedi, trois morts supplémentaires ont été annoncés par les autorités sanitaires.

Mais les chiffres ont chuté de façon spectaculaire ces dernières semaines. Vendredi, un responsable local a indiqué que Wuhan était désormais considérée comme une zone à « faible risque ». Une situation qui tranche avec fin janvier, quand au plus fort de l’épidémie, les files d’attente s’allongeaient devant des hôpitaux débordés.

Retour à la normale progressif

En dépit de ces contraintes, de longues files de voyageurs attendaient d’embarquer pour Wuhan, ont constaté des journalistes de l’AFP à la gare de Shanghai à quelque 830 kilomètres.

Dans la ville même, le retour à la normale est lui aussi progressif. Si le métro de Wuhan a rouvert ses portes samedi et que les principales lignes de bus sont de nouveau en service, certains centres commerciaux restent fermés. Et les habitants, toujours protégés par des masques, évitent les lieux trop fréquentés. Les autorités ont par ailleurs mis en garde contre les déplacements inutiles qui peuvent favoriser la propagation du virus.

« Le bruit des roues de ma valise m’a paru étonnamment fort » en rentrant, a commenté samedi sur le réseau social Weibo, un habitant de Wuhan.