Coronavirus : Macron en appelle à la « solidarité » budgétaire européenne dans un entretien à la presse italienne

UNION EUROPEENNE « Nous ne surmonterons pas cette crise sans une solidarité européenne forte », assure le chef de l’Etat, qui se défend par ailleurs d’avoir ignoré les signaux venus d’Italie pour la gestion de l’épidémie en France

20 Minutes avec AFP

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Emmannuel Macron lors d'un Conseil européen en visioconférence, jeudi 26 mars 2020.
Emmannuel Macron lors d'un Conseil européen en visioconférence, jeudi 26 mars 2020. — Lemouton / POOL/SIPA

Un coup de pression et la défense de son action. Emmanuel Macron, favorable à des « emprunts Corona » face aux « réticences » de Berlin, en appelle à la solidarité budgétaire européenne face au coronavirus et nie avoir ignoré les signaux d’ Italie montrant la gravité de la crise sanitaire, dans un entretien accordé aux trois principaux journaux italiens publié ce vendredi soir. 

Neuf pays européens, dont la France et l’Italie, avaient appelé ce mercredi à lancer un emprunt commun à toute l’Union européenne pour faire face au coronavirus, alors que l’Allemagne est opposée à toute mutualisation des dettes. « Nous ne surmonterons pas cette crise sans une solidarité européenne forte, au niveau sanitaire et budgétaire », estime le chef de l’Etat français dans une interview donnée aux journaux Il Corriere de la Sera, La Stampa et La Repubblica.

« Est-ce que l’UE, la zone euro se résument à une institution monétaire et un ensemble de règles, très assouplies, qui permettent à chaque Etat d’agir de son côté ? Ou agit-on ensemble pour financer nos dépenses, nos besoins dans cette crise vitale ? », questionne Emmanuel Macron. « Il peut s’agir d’une capacité d’endettement commune, quel que soit son nom, ou bien d’une augmentation du budget de l’UE pour permettre un vrai soutien aux pays les plus touchés par cette crise », a-t-il détaillé, avant d'ajouter : « Le montant est secondaire, c’est ce signal qui compte, à travers l’endettement commun ou le budget commun. »

« Nous n’avons pas ignoré les signaux venus d'Italie ».

Interrogé sur un éventuel retard français sur les mesures de confinement au moment où la situation se dégradait en Italie, Emmanuel Macron a affirmé : « Nous n’avons absolument pas ignoré ces signaux. J’ai abordé cette crise avec sérieux et gravité dès le début, lorsqu’elle s’est déclenchée en Chine. »

Notamment « parce que l’Italie nous a précédés dans cette crise », « nous avons pris en France les mesures les plus dures le plus tôt (…) à nombre de cas comparables », a-t-il soutenu, interrogé sur sa sortie au théâtre le 6 mars, 11 jours avant les mesures de confinement. « J’ai suivi à chaque étape trois principes essentiels : fonder nos décisions sur des avis scientifiques, s’adapter à l’évolution de la crise, prendre des mesures proportionnées », a expliqué Emmanuel Macron.