Algérie : Les peines de prison des ex-Premiers ministres d’Abdelaziz Bouteflika confirmées

PROCES La cour d’appel a confirmé les sentences prononcées le 10 décembre contre Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, tous deux proches d’Abdelaziz Bouteflika

20 Minutes avec AFP

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Abdelaziz Bouteflika à la télévision algérienne le 11 mars 2019.
Abdelaziz Bouteflika à la télévision algérienne le 11 mars 2019. — CANAL ALGERIE / AFP

Deux anciens Premiers ministres de l’ère Bouteflika, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ont été condamnés respectivement à 15 et 12 ans de prison ferme pour corruption par la cour d’appel d’Alger, a annoncé une source judiciaire, ce mercredi.

La cour d’appel de la capitale algérienne a, en revanche, allégé les peines infligées à l’encontre d’anciens ministres et patrons algériens. Ces derniers étaient impliqués dans un scandale automobile et accusés de financement illégal de la dernière campagne électorale du président déchu Abdelaziz Bouteflika, selon des avocats de la défense.

Une justice « instrumentalisée »

La cour d’appel a confirmé les sentences prononcées le 10 décembre contre Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, tous deux proches d’Abdelaziz Bouteflika. « Ce verdict en appel reste une décision politique », a déclaré Me Mourad Khader, l’avocat d’Abdelmalek Sellal. Les deux condamnés ont huit jours pour se pourvoir en cassation. Deux anciens ministres de l’Industrie, Mahdjoub Bedda et Youcef Yousfi, condamnés en première instance à 10 ans de prison, ont vu leurs peines réduites de moitié.

Un autre inculpé influent, Ali Haddad, ex-président de la principale organisation patronale algérienne FCE et PDG du N.1 privé du BTP, considéré comme l’un des principaux financiers des dernières campagnes électorales d’Abdelaziz Bouteflika, a écopé de quatre ans de prison contre sept ans en première instance. Mais, pour son avocat, Me Kaled Bourayou, « c’est un verdict injustifiable ». « Tant que la justice est instrumentalisée, on ne peut pas s’attendre à autre chose », a critiqué l’avocat qui va se pourvoir en cassation.

Le financement de la campagne de Bouteflika jugé « occulte »

Le président Abdelaziz Bouteflika a été poussé à la démission le 2 avril 2019, sous la pression d’un mouvement de contestation antirégime inédit à la suite de l’annonce de sa candidature à un cinquième mandat. Le financement de sa campagne « a occasionné une perte au Trésor public estimée à 110 milliards de dinars » (plus de 830 millions d’euros), selon le procureur. Deux autres riches hommes d’affaires, Hassen Arbaoui et l’ancien vice-président du FCE Mohamed Bairi, tous propriétaires d’usines de montage de véhicules, ont été condamnés mercredi à des peines identiques (4 et 3 ans d’emprisonnement respectivement).

Depuis le 1er mars, une vingtaine de personnalités – ex-responsables politiques, puissants patrons et hauts fonctionnaires – étaient jugées en appel. Elles étaient poursuivies pour le financement « occulte » de la cinquième campagne électorale d’Abdelaziz Bouteflika, début 2019, ainsi que pour népotisme et favoritisme dans l’industrie automobile via des partenariats entre marques étrangères et grands groupes algériens, souvent propriétés d’hommes d’affaires liés à l’entourage de l’ex-président.