Egypte : Human Rights Watch dénonce des tortures et disparitions de mineurs

RAPPORT Dans un document de 43 pages, des témoignages d’enfants « révèlent comment la machine répressive égyptienne a commis de graves abus »

20 Minutes avec agences

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La prison de Tora, dans le sud du Caire, en 2015 (illustration).
La prison de Tora, dans le sud du Caire, en 2015 (illustration). — Amr Nabil/AP/SIPA

L’organisation appelle les puissances occidentales à cesser leur aide sécuritaire au Caire. Human Rights Watch (HRW) a dénoncé ce lundi des cas de disparition et de tortures de mineurs en Egypte. Dans un rapport de 43 pages, préparé avec l’ONG « Belady : an Island for Humanity », plusieurs témoignages ont été rassemblés ainsi que des documents officiels et des vidéos concernant des abus sur 20 mineurs âgés de 12 à 17 ans.

« Les récits poignants de ces enfants et de leurs familles révèlent comment la machine répressive égyptienne a commis de graves abus sur des enfants », inique Aya Hijazi, co-directrice de Belady citée dans un communiqué.

Torturés avec de l’électricité

Quinze des 20 mineurs interrogés disent ainsi avoir été torturés lors d’une détention provisoire. Sept d’entre eux ont notamment expliqué avoir subi des sévices avec de l’électricité, y compris au pistolet paralysant. Un garçon de 16 ans a affirmé à un parent qu’il était inquiet de ne « jamais pouvoir se marier ou d’avoir d’enfants » en raison du traitement qui lui a été infligé en prison.

Deux mineurs ont aussi raconté avoir eu les mains liées derrière le dos avant d’être suspendus par les bras, entraînant de graves blessures aux épaules. Selon HRW, la majorité des cas rapportés ont été le fait de l’Agence de sécurité nationale du ministère de l’Intérieur, mais la police et l’armée étaient également parfois impliquées.

Un appel lancé aux puissances occidentales

Toujours d’après le rapport, des mineurs ont également disparu pour des périodes allant jusqu’à 13 mois. La loi égyptienne prévoit pourtant que les personnes arrêtées doivent être présentées au parquet dans les 24 heures qui suivent leur arrestation. Les jeunes auraient été détenus dans des prisons pour adultes surpeuplées. Un mineur cité dans le rapport a également été condamné à mort en avril 2019, en violation de la loi internationale, une condamnation finalement annulée en octobre.

Dans ces conditions, HRW a estimé dans un communiqué que les Etats-Unis, la France et d’autres pays de l’Union européenne devraient cesser de soutenir les forces de sécurité égyptiennes alors que ces dernières mènent une forte répression contre toute forme d’opposition.