Venezuela: nouveau test électoral pour Hugo Chavez

POLITIQUE Les Vénézuéliens votaient dimanche pour élire leurs gouverneurs, maires et conseillers régionaux et municipaux, un scrutin dont l'enjeu dépasse sa dimension régionale, Hugo Chavez l'ayant centré autour de sa personne et de ses idées socialistes, dix ...

Avec agence

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Les Vénézuéliens sont appelés dimanche à élire leurs gouverneurs, maires et conseillers régionaux et municipaux, un scrutin dont l'enjeu dépasse largement sa dimension régionale, le chef de l'Etat Hugo Chavez l'ayant centré autour de sa personne et ses idées socialistes.
Les Vénézuéliens sont appelés dimanche à élire leurs gouverneurs, maires et conseillers régionaux et municipaux, un scrutin dont l'enjeu dépasse largement sa dimension régionale, le chef de l'Etat Hugo Chavez l'ayant centré autour de sa personne et ses idées socialistes. — Thomas Coex AFP

Les Vénézuéliens votaient dimanche pour élire leurs gouverneurs, maires et conseillers régionaux et municipaux, un scrutin dont l'enjeu dépasse sa dimension régionale, Hugo Chavez l'ayant centré autour de sa personne et de ses idées socialistes, dix ans après son élection.

Dix-sept millions de Vénézuéliens en âge de voter sont attendus dans les bureaux de vote, après deux mois d'une intense campagne des chavistes et de l'opposition, persuadés d'avoir beaucoup à perdre et à gagner. Au petit matin, des dizaines de personnes se pressaient déjà devant les écoles aménagées en centre de vote.

Hugo Chavez en campagne

Pour ce douzième scrutin depuis son élection en 1998, Hugo Chavez s'est pleinement investi, arpentant tous les Etats, ouvrant des hôpitaux et inaugurant une autoroute et un aéroport. Haut en couleur comme à son habitude, il a qualifié ses opposants de «traîtres et de pitiyanquis» (imitateurs des Yankees, ndlr) et menacé d'appeler l'armée en renfort s'ils ne reconnaissaient pas leur défaite.

Surtout, Hugo Chavez a assimilé le scrutin à un plébiscite sur sa gestion. «C'est l'avenir de la révolution qui est en jeu, l'avenir du socialisme, du Venezuela, du gouvernement révolutionnaire et d'Hugo Chavez», a-t-il prévenu.

Même s'il bénéficie encore d'une forte popularité (55% d'opinions favorables selon son mouvement) son Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) devra cette fois affronter une opposition plus soudée, qui a réussi à présenter des candidats uniques dans la plupart des 22 Etats où se tiennent des élections et les 328 mairies.

Une opposition renforcée

L'opposition, renforcée par l'échec en décembre 2007 du référendum constitutionnel proposé par le gouvernement, en fait également un test national, «un marathon vers la liberté». Elle répète qu'un échec des chavistes les dissuadera de tenter à nouveau de modifier la Constitution pour permettre à Hugo Chavez, en principe au pouvoir jusqu'en 2013, d'être à nouveau candidat.

Les Chavistes doivent en outre affronter pour la première fois des dissidents de leur propre coalition, qui se présentent dans huit Etats dont Barinas, la terre natale de Chavez.

Sujets génants enterrés

La très forte personnalisation du scrutin autour d'Hugo Chavez a cependant enterré les sujets les plus gênants pour son gouvernement comme l'insécurité ou encore la vie trop chère pour beaucoup de Vénézuéliens, dont presque 40% vivent sous le seuil de pauvreté malgré la rente pétrolière.

Les instituts de sondages pronostiquent une victoire du PSUV en nombre mais insistent sur l'importance symbolique de certaines villes ou Etats que les deux camps vont s'arracher: l'opposition cherchera ainsi à conserver Zulia (nord-ouest), Etat le plus riche et sa capitale Maracaïbo, son bastion. Elle tentera d'arracher au chavisme Sucre, grand quartier pauvre de Caracas.

L'opposition contrôle actuellement deux Etats sur les 22 où se tiendront des élections. Quatre Etats sont entre les mains de dissidents du chavisme.