La communauté tibétaine est «en grand danger»

TIBET C'est ce qu'a affirmé le dalaï lama dimanche...

Avec agence

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La communauté tibétaine est "en grand danger" faute de stratégie, a averti dimanche le dalaï lama qui a répété le peu de confiance qu'il témoignait aux autorités chinoises après des années d'infructueuses négociations avec Pékin sur le statut du Tibet.
La communauté tibétaine est "en grand danger" faute de stratégie, a averti dimanche le dalaï lama qui a répété le peu de confiance qu'il témoignait aux autorités chinoises après des années d'infructueuses négociations avec Pékin sur le statut du Tibet. — Manan Vatsyayana AFP

La communauté tibétaine est «en grand danger» faute de stratégie, a averti dimanche le dalaï lama qui a répété le peu de confiance qu'il témoignait aux autorités chinoises après des années d'infructueuses négociations avec Pékin sur le statut du Tibet.

«J'ai récemment déclaré que ma confiance dans les autorités chinoises s'amenuisait», a-t-il déclaré lors d'un rassemblement à Dharamsala (nord de l'Inde) où plus d'un millier d'exilés tibétains débattaient depuis une semaine de l'avenir de leur lutte. «Dans les vingt prochaines années, si nous ne prenons pas garde à nos actes et à notre stratégie, alors la communauté tibétaine est en grand danger», a-t-il dit en appelant à des «projets innovants pour les Tibétains.»

La politique de la «voie moyenne»

Cette mise en garde du dignitaire bouddhiste âgé de 73 ans et à la santé fragile, survient au lendemain du plus important rassemblement en 60 ans de la communauté tibétaine à Dharamsala. Alors qu'une frange des exilés tibétains aspirait à une radicalisation de la lutte contre la domination chinoise, l'option d'un possible durcissement -l'indépendance du Tibet plutôt qu'une simple autonomie- a été écartée.

Un consensus s'est dégagé parmi quelque 600 délégués pour s'aligner sur la ligne conciliante prônée par le dalaï lama, qui a réaffirmé son statut d'unique figure de la cause tibétaine.

Chef spirituel et dirigeant politique pragmatique, le dalaï lama a renoncé à revendiquer l'indépendance et a choisi une diplomatie dite de la «voie moyenne» consistant à réclamer une large «autonomie culturelle». Réaliste, il sait que la Chine ne reviendra jamais sur sa souveraineté sur le Tibet qu'elle contrôle depuis 1951.

Echec des pourparlers avec Pékin

Lauréat du prix Nobel de la paix en 1989, apôtre de la non-violence au point que ses thuriféraires le comparent à Gandhi, le dalaï lama enjoint inlassablement les six millions de Tibétains de rester pacifiques face au pouvoir chinois. Mais il avait lui-même reconnu l'échec de la revendication autonomiste fin octobre et révélé qu'il réfléchissait à une stratégie plus radicale que sa diplomatie de compromis avec Pékin, qui a annexé le Tibet en 1951.

Des émissaires du dalaï lama et des représentants chinois discutent officiellement depuis 2002 mais les derniers pourparlers, début novembre en Chine, ont capoté, Pékin affirmant qu'il ne ferait «jamais de concession» même sur une «semi-indépendance» du Tibet. La propagande communiste accuse régulièrement le chef spirituel tibétain et sa «clique» de «se camoufler» derrière un discours pacifique tout en leur promettant la défaite.